L’OPHRYS ABEILLE : UNE FLORAISON À LEURRE

Ophrys Apifera.jpg

CETTE SUPERBE PETITE ORCHIDÉE SAUVAGE, PRÉSENTE UN PEU PARTOUT EN FRANCE ENTRE MAI ET JUIN, ATTIRE LES ABEILLES ET AUTRES BOURDONS AFIN QU’ELLES OU ILS L’AIDENT A ASSURER SA REPRODUCTION.

Ophrys apifera pour les intimes, est présent partout sur le territoire français entre avril et juillet selon les régions, mais cela n’en fait pas pour autant une plante courante. Elle fait d’ailleurs parties des orchidées sauvages protégées par la Communauté Européenne. Elle pousse le plus souvent sur des lieux herbeux assez ras et ensoleillés, portés par des sols calcaires secs, mais apprécie aussi les sous-bois bien éclairés. Le spécimen que nous avons photographié, poussait, quant à lui, sur le paillis de bois disposé sur les parterres d’un parc paysagé urbain d’Argentan (61-Orne).

Brun jaune et poilu

Non contente d’être une belle plante, l’ophrys apifera, s’avère aussi très astucieux. Il utilise plusieurs leurres pour inciter les insectes à collaborer à sa fécondation. Il s’agit, en l’occurrence, d’attirer les abeilles solitaires ou les bourdons. Son gros labelle brun taché de jaune et poilu crée chez les abeilles sauvages mâles des sensations visuelles et tactiles leur laissant croire qu’il s’agit d’une femelle fécondable. Ce leurre est rendu encore plus efficace par l’émission d’une odeur imitant celle de l’abeille femelle.

Pseudo-copulation

Lorsque l’abeille mâle tente de s’accoupler, l’orchidée lui colle sur la tête deux sacs de pollen adhésifs. Les pseudo-copulations du mâle sur plusieurs fleurs permettent ainsi une fécondation croisée. Curiosité, cela ne fonctionne pas avec les abeilles sociales. Pour le cas ou les abeilles solitaires la bouderaient, l’Apifera est le seul parmi les ophrys (environ 37 espèces) à pouvoir en plus s’autoféconder.

Appuyée sur le champignon

«On a toujours besoin d’un plus petit que soi», semble bien être la devise de l’ophrys apifera. À L’instar des orchidées en général, il se développe et vit grâce à l’assistance de champignons microscopiques. Une symbiose, dans laquelle chacun trouve son compte : les filaments du champignon puisent dans le sol l’eau et les éléments minéraux nécessaires à l’orchidée. Les racines de l’orchidée fournissent au champignon le sucre et les vitamines, qu’il ne récupère pas par ailleurs. Ces champignons étant indispensables, la dispersion de fongicides par l’agriculture industrielle est une menace pour l’ophrys apifera comme pour l’ensemble des orchidées sauvages mais aussi bien d’autres plantes. Des recherches récentes, liées aux progrès de la biologie moléculaire, ont montré que bon nombre d’espèces très différentes sont reliées entre elles via le mycélium de champignons identiques.

Liens
N
os observations sont complétées par des recherches et des recoupements effectués via divers sites internet, en bibliothèque et notre propre documentation.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/110335

http://isyeb.mnhn.fr/sites/isyeb/files/documents/dodelinselosse2011fmds.pdf

https://www.tela-botaniorg/bdtfx-nn-45064-description

https://www.aujardin.info/plantes/ophrys-apifera.php

http://www.cite-sciences.fr/archives/francais/ala_cite/expositions/orchidees

 

Publié par

Pascal Girardin

Journaliste (rédacteur, reporter, photographe, secrétaire de rédaction) depuis 1995 (formation à l'EMI CFD), je suis entré dans cette profession grâce à trois passions directrices: la photographie, la littérature (histoire, philosophie,sociologie,poésie,roman) et le motocyclisme. Durant toute ma carrière de journaliste, effectuée au service des lecteurs du mensuel Moto Magazine (motomag.com), j'ai traité toutes sortes de sujets, du compte rendu de manifestations motocyclistes au reportage sportif, en passant par la défense des droits des motards et le rappel de leurs devoirs, des affaires juridiques et judiciaires, l'histoire de la moto, le tourisme et les tests de machines et de matériel. Et l'environnement alors? Et bien de la pollution liée à l'ensemble de l'activité motocycliste aussi, bien que de ce côté, la presse spécialisée moto fasse un travail d'information très insuffisant et manquant de d'objectivité. Quel photographe serait celui qui serait insensible à la beauté de la nature sous toutes ses formes? Quel randonneur motocycliste ou pédestre serait celui que ne choque pas la destruction ou la pollution des sites? la désertification des campagnes? Le déclin des centres villes ? Quel journaliste serait celui qui n'est pas avant tout citoyen?

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