LA FLORE DE LA ZONE (Suite)

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À LA RECHERCHE DE PLANTES SAUVAGES ENCORE FLEURIES EN CE DÉBUT D’HIVER, DEPUIS NOVEMBRE, L’ÉTAT DES LIEUX PROSPECTE LES ZONES INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES SITUÉES A L’OUEST DE LA VILLE D’ARGENTAN. AINSI QUE NOUS L’AVIONS MONTRÉ LORS D’UN PRÉCÉDENT ÉPISODE CET ENDROIT RECÈLE UNE ASSEZ BELLE DIVERSITÉ VÉGÉTALE.

«Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage»… À la recherche d’un endroit convenant pour réaliser la photo d’ouverture du premier épisode* nous avons découvert le Mélilot Blanc. Nous sommes passés cent fois devant cette friche miteuse sans trop penser à chercher s’il pouvait s’y trouver quoi que ce soit d’intéressant. Hors, cette plante s’avère très peu présente ailleurs dans le reste de la zone quand ici elle foisonne. De quoi exciter notre curiosité. Mais attention certains ont l’instinct de propriété chatouilleux et apprécient peu que l’on vienne piétiner leurs terrains vagues.

PROPRIÉTÉ PRIVÉE
«Je peux savoir ce que vous faites là ?» À genou et concentré sur la prise de vue  d’une inflorescence d’origan, nous n’avons pas entendu, la voiture stopper. Nous sursautons presque. « Vous le voyez, je photographie des fleurs». Incrédule, la femme, considère le reflex Nikon avec suspicion:  « Vous savez que c’est une propriété privée ici ? ». La «propriété privée» en question est un no man’s land négligé depuis des lustres, ou les plantes poussent parmi des gravats près de tas d’emballages (débris de palettes, blocs de polystyrène, lambeaux de film plastique) et de résidus de déconstruction. Ceci, à deux pas de la déchetterie inter-communale oùils devraient avoir été déposés. 

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Depuis la publication de cet article, le 5 janvier 2021, les déchets d’emballage ont été retirés. Les tas de gravats et de débris de couverture (tuiles etc…) sont toujours là. Il semble que cela soit la fonction première attribuée à ce terrain par son propriétaire.

Il est difficile d’imaginer qu’un terrain vague ressemblant à une semi décharge, situé en bord de rue, sans clôture ni panneau explicite, puisse être un endroit «interdit». Nous le faisons remarquer à cette personne qui ne s’est d’ailleurs pas présentée avant de nous interpeller. « Mais s’il y avait des barrières, vous n’entreriez pas ? ». Effectivement, nous n’entrerions pas. « Vous n’avez pas vu les bornes ? » Elle désigne ainsi les plaquettes ovales en plastique délimitant les parcelles (voir photo d’ouverture). « Je vais vous demander de partir ». C’est la seconde fois déjà depuis que nous braquons nos objectifs sur la flore de cette zone. Quelque chose dans, ou sur, ces terrains serait-il compromettant ? Ou bien est-on seulement imbu de son statut de propriétaire?  En attendant une hypothétique réponse, intéressons nous plutôt à quelques plantes dont nous n’avions pas parlé lors de la première partie de cet article.

LE MÉLILOT BLANC
Pourquoi une plante est-elle fortement présente sur un point particulier de la zone et fort peu ou pas du tout, partout ailleurs? En pleine campagne on chercherait l’explication dans la nature particulière du sol et la manière dont il est drainé, l’exposition,  l’altitude. Dans cette zone, la majorité des sols sont constitués de remblais de toutes natures et provenances. En la quasi absence de végétation haute et avec l’espacement des bâtiments la luminosité sur les parcelles dégagées est assez importante  tout au long de la journée et les déclivités négligeables.

Inflorescence de Mélilot Blanc
Le Mélilot blanc ou Melilotus Albus, plante de la famille des fabaceae pousse facilement sur les bords de chemins, les remblais de chemin de fer, les décombres pierreux. Mellifère, cette plante peut être utilisée pour stabiliser les sols. Comestibles, ses jeune feuilles et ses fleurs agrémentent les salades et les pâtisseries. Elle ne doit cependant être consommée qu’en petite quantité car elle contient de la coumarine, substance utilisée en pharmacie comme anticoagulant.

Le terrain, sur lequel nous avons trouvé cette petite colonie, a longtemps servi à stocker des grumes pour une scierie fermée depuis plus d’un an. Des graines de mélilot blanc ont peut être été transportées là via les véhicules convoyant ce bois. La décomposition des déchets d’écorces et de sciage a formé un humus propice à la germination. Contrairement au Séneçon du Cap *, avec lequel il cohabite, le Mélilot fructifie comme le Genêt sous forme de cosses contenant de petites graines. L’emplacement est entouré de divers bâtiments le coupant les vents du sud, et de l’est et empêchant les autres (ouest dominant) même très forts d’emporter beaucoup de ces graines ailleurs. À maturité, la plupart tombent à quelques centimètres du spécimen qui les a produit. Dans la mesure où nous n’avons trouvé que quelques très rares pieds très isolés dans d’autres secteurs, cela peut indiquer aussi qu’il existe peu de liaisons entre cette parcelle et le reste de la zone. Les pieds de mélilots blanc rencontrés ailleurs, pouvant aussi provenir d’autres lieux. De nombreuses remorques de «déchets vert» passent sur la rue en direction de la déchetterie.
* La Flore de la Zone:  https://letatdeslieux.blog/2020/11/30/__trashed-2/

LE CHARDON DES CHAMPS
Tout comme les divers séneçons et le pissenlit, le Chardon commun produit en très grande quantité des graines légères munies d’aigrettes. Le plus modeste zéphyr peut les transporter sur des kilomètres.

Chardon commun
Le Chardon des Champs ou Cirsium arvense, est une plante de la famille des astéracées. Malgré son nom vernaculaire et ses feuilles épineuses ce n’est pas un chardon mais un cirse, reconnaissable à ses tiges dépourvues d’épines. Grâce à ses rhizomes très denses, le Chardon des champs s’étend vite : un seul pied peut coloniser 1,5 m² par année. Les nombreuses et très graines ou akènes à aigrettes volent parfois très loin. un chardon peut en générer 4 à 5000 chaque année.

 Une fois en place il utilise aussi son réseau de racines (rhizomes) pour générer de nouveaux pieds. Il n’a donc aucun problème pour ensemencer partout dans le secteur, de quoi faire enrager les paysagistes municipaux comme les jardiniers privés. Le spécimen dont nous montrons l’inflorescence fait partie d’une colonie poussant sur un talus paysagé bordant un parking d’hypermarché.

LA MOUTARDE DES CHAMPS
Pour les jardiniers d’ornement, c’est une mauvaise herbe, pour les cuisiniers botanistes c’est une plante comestible réputée. Membre de la famille des Bracicacées (celle des choux) elle colonise facilement les fins de chantiers, les remblais, les talus récents.

Moutarde des champs
La Moutarde des champs ou Sinapis arvensis est utilisée en cuisine depuis des siècles. Selon les saisons sont consommées aussi bien sa tige, que ses fleurs ou ses feuilles. Elle est aussi appréciée des herboristes pour ses vertus dépuratives, apéritives digestives et toniques. Les graines moulues donnent une sorte de moutarde, les fleurs et les fruits (siliques vertes) aromatisent les aliments conservés dans la saumure.

Les guides indiquent qu’elle fleurit de juin à octobre, mais nous en avons encore trouvé sur cette zone industrielle d’Argentan (61) jusqu’à la fin décembre 2020. Un exemplaire prélevé avec sa racine et un peu de terre continue même de fleurir dans notre jardin en ce début Janvier 2021

L’ACHILLÉE MILLEFEUILLE
Plante très opportuniste, l’Achillée pousse partout sur la zone, aussi bien que dans le reste de la ville, sur les pelouses par exemple. Elle est censée ne fleurir que de juin à novembre, mais en cet hiver 2020, alors que l’année se termine, ses inflorescences sont ici encore nombreuses et loin d’être flétries.

Achillée millefeuille
L’Achillée millefeuille ou Achillea millefolium appartient à l’immense famille des asteracées (23 500 espèces sur la planète). Chacune des «fleurs» composant l’ombelle est en fait un capitule composé de minuscules fleurs entourées de languettes. Cueillie aux printemps les jeunes feuilles peuvent condimenter les fromages, le beurre les salades, l’huile, le vinaigre. L’achillée millefeuille est connue depuis l’antiquité pour certaines de ses propriétés médicinales. Selon la légende, le combattant grec Achille s’en serait servi pour guérir ses blessures.

L’ Achillée millefeuille est une plante très opportuniste. Elle sait se faire rase dans les pelouse très souvent tondues. Elle s’y étend sans fleurir ou presque grâce à ses nombreux rhizomes et former un tapis étouffant pour le reste de la végétation. Les herboristes  la ramassent avec précaution, le contact avec la sève pouvant déclencher des inflammations sur une peaux sensible lorsqu’elle est exposée à la lumière.

LA CAPSELLE BOURSE À PASTEUR
Ce nom curieux provient de la forme de ses fruits pouvant rappeler une bourse allongée. Le mot pasteur s’entend ici au sens de berger. Sur la zone ce n’est pas une plante très répandue. Cet exemplaire pousse près des clôtures du site du château d’eau. Elle est censée fleurir de mars à octobre mais nous avons photographié celle-ci à la mi- décembre 2020.

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La capselle Bourse de Pasteur, ou Capsella bursus (ou bursa) Pastoris appartient à la famille des brassicacées (ou crucifères). Les jeunes feuilles et tiges se consomment comme de la roquette dont elles rappellent le goût. Choline, acéthyl-choline, flavonoïdes, histamine, tyramine, protéines, vitamines et sels minéraux lui donnent des vertus hémostatiques utilisées depuis des siècles par la pharmacopée herboriste pour stopper des hémorragies, des saignements de nez, réduire l’abondance des règles, soulager les jambes lourdes et les douleurs hémorroïdaires. Elle était aussi employée contre les diarrhées ou pour traiter la cystite en désinfectant les voies urinaires.

LIVRES ET LIENS
Les informations contenues dans cet article ne sortent pas de notre chapeau. Afin de compléter nos propres observations nous effectuons des recherches sur de nombreux sites en ligne et recoupons toujours à l’aide de plusieurs ouvrages imprimés.
LIVRES
300 Plantes Comestibles collection Les indispensables Delachaux, édité en 2018 par Delachaux et Niestlé, prix: 14,50 €.
Pratique et bien conçu et illustré, ce guide répertorie les 300 principales plantes sauvages comestibles d’Europe et indique la manière de les consommer et la période pour ce faire.
L’Indispensable Guide des Fleurs Sauvages «Reconnaitre 300 fleurs sauvages sans erreur», édité en 2016 par Belin. Prix 18 €
Pratique, bien documenté, facile à emporter dans une musette ou un sac à dos, ce petit guide porte bien le qualificatif d’indispensable.
Quelle est donc cette fleur? Avec 1200 planches dessinées, cet ouvrage édité chez Fernand Nathan en 1975 (réédité depuis) est une bible. Lorsqu’une plante n’est pas répertoriée dans les deux précédents, elle l’est presque à coup sur dans celui-ci. Ce même si lui aussi oublie parfois des plantes pourtant courantes et répertorie comme rares de plantes qui ne le sont pas.
SUR LE WEB ou le smartphone
Nous consultons pour chaque plante un assez grand nombre de sites. Cependant les trois ci-dessous comptent parmi ce qui se fait de plus sérieux.
Wikipédia: Ce site contributif est de plus en plus précis et difficile à prendre en défaut. Il cite ses sources imprimées ou numériques, ce qui est honnête et précieux.
Jardinage.lemonde.fr: C’est le site jardinage du quotidien Le Monde. À partir du moment où l’on a identifié la plante, la documentation est le plus souvent copieuse et précise à l’image du grand journal qui l’édite.
abiris.snv.jussieu.fr rien de tel pour recouper les informations venues d’autres sites que celui-ci. Il est édité par la prestigieuse université de la Sorbonne et décrit photos à l’appui une plante de la fleur à la racine. C’est précis et didactique mais il faut déjà avoir une idée de ce que l’on cherche.
PlantNet: Ce média contributif, sans être infaillible, est tout de même très efficace. Une fois l’application chargée sur le smartphone et activée, il propose de faire une photo (propre) d’une fleur, d’une feuille, d’un fruit, d’une écorce. On peut aussi lui envoyer une image réalisée avec un autre appareil. Ensuite, il effectue une ou plusieurs propositions à comparer et à valider. Il est rare de ne pas pouvoir identifier ce que l’on cherche.

LA FLORE DE LA ZONE


GENÊT, MARGUERITE, AJONC, NÉPÈTE, ORIGAN, GRANDE MAUVE, SÉNEÇONS…POURVU DE SAVOIR OU LES TROUVER, EN CE DOUX AUTOMNE 2020, NOMBRE DE PLANTES SAUVAGES FLEURISSENT ENCORE. LES IMAGES QUI ILLUSTRENT CET ARTICLE ONT TOUTES ÉTÉ RÉALISÉES DANS LES ZONES INDUSTRIELLES OUEST D’ARGENTAN.

Cette fois nous n’«herborisons» pas sur l’un ou les deux sites de nature de la ville d’Argentan (les Pâtures et La Fontaine), mais dans les zones industrielles et commerciales situées à l’ouest de l’agglomération. Prés des lieux même où officiaient, il y a encore quelque décades et voir seulement quelques années des établissements Moulinex, Waeles, Mic, Armcor, tous partis depuis exploiter une main d’œuvre moins chère, sous des cieux plus permissifs en matière de législation du travail, de fiscalité et d’environnement. Usines vides, terrains en friche laissant encore parfois voir la dalle fissurée de bâtiments rasés, abords plus ou moins négligés des entreprises encore en activité… Ici l’air sature parfois d’effluves de polyester à en donner la nausée. Même lorsque cela ne se mélange pas avec le remugle de la station d’épuration, ces lieux sont loin d’être les plus glamours proposés au botaniste par la Normandie.
UNE  DIVERSITÉ VÉGÉTALE ÉTONNANTE
Pourtant sur les restes d’anciens locaux, près de tas de gravats ou d’emballages  plastiques, déposés parfois à seulement vingt ou trente mètres des grilles de la déchetterie, se concentre une diversité végétale étonnante. Il faudrait battre la campagne durant des jours et des kilomètres pour obtenir la «récolte» effectuée ici en un après midi. Profitant d’emplacements ensoleillés et d’un entretien assez sporadique, voir inexistant par endroit, en ce début novembre 2020, des plantes sauvages continuent là de fleurir. On ne les trouve plus même sur les sites, soit -disant protégés, des Pâtures (Natura 2000) ou de la Fontaine où les bords des chemins de promenade sont beaucoup trop souvent et trop ras tondus.  Malgré le temps consacré à fouiner le long des rues de cette zone et dans ses terrains en friche, cet article ne prétend pas à l’exhaustivité. Susceptible d’être augmenté en fonction de nouvelles découvertes et prises de vues, il a surtout pour but d’inciter à la curiosité et de fournir une éventuelle base de recherche et de comparaison.

LE CHARDON aux ÂNES
En longeant un tout récent parterre non encore travaillé et bordant une plate-forme de Moto-école à peine terminée, nous repérons un magnifique spécimen de Chardon aux ânes. Bien «gras» et bien vert, haut d’environ 70 centimètres, il offre à qui sait apprécier une unique capitule ouverte, mais aussi de nombreux boutons prêts à éclore dans les jours à venir.

Lorsque l’on observe l’inflorescence d’un chardon, ce n’est pas une seule fleur que l’on regarde mais une multitude de fleur tubulaires réunies en une capitule. Selon les guides (voir Liens ), le Chardon aux ânes (onopordum acanthium, famille des astéracées) fleurit en principe de juin à octobre.
Pour le moins épineux à cueillir. Le Chardon aux ânes est un bel exemple de plante dont l’utilité est oubliée. Il fut un temps où l’on mangeait ses capitules comme des cœurs d’Artichauts. Ses graines moulues donnaient de l’huile pour alimenter des lampes et le duvet des tiges et des fleurs servait à rembourrer les coussins.

LA MOLÈNE BOUILLON BLANC
Dans le même secteur que le chardon, foisonnent aussi des pieds de Molène Bouillon blanc (verbascum thapsus). Avec ses feuilles vert pâles et ses tiges couvertes de duvet blanc et terminées par de grandes hampes constituées de plusieurs dizaines de fleurs jaunes c’est une plante que l’on peut difficilement rater.

Les Molènes ou verbascum, dont celle-ci, appartiennent à une famille au nom appétissant, les scrophulariacées. Elles n’en comptent pas moins parmi les plus anciennes plantes pharmaceutiques répertoriées. Soulagement de la toux ou des démangeaisons de la peau, vertus expectorantes, traitement des hémorroïdes…De nombreuses actions de bienfaisance médicinales lui sont attribuées.
Le Bouillon blanc  (Verbascum Thapsus) est le seul autorisé à être vendu  dans les  herboristeries françaises. Lorsqu’elle se plait la plante peut atteindre deux mètres de haut. Longtemps considérée comme une «mauvaise herbe» par des jardiniers peu botanistes, il est aujourd’hui apprécié pour son aspect décoratif.
 

LA SAPONAIRE OFFICINALE
«On trouve régulièrement une forme à fleurs doubles, vestige d’anciennes cultures comme plantes ornementale» indique le Guide de l’Amoureux des Fleurs Sauvages (Édition Belin). Bingo ! À deux pas du chardon, dans le même parterre, nous avons rencontré cette «forme» de la Saponnaire officinale . Elle est devenue depuis beaucoup plus rose et s’apparente peut être à une variété cultivée baptisée « Rosea Plena» sur les site d’horticulture.


Fleurissant en principe de Juin à Septembre, la Saponaire officinale était déjà connue des Assyriens (2000 à 609 av.J.C.). Saponaria officinalis est cultivée depuis pour les propriétés moussantes de ses feuilles (froissées dans l’eau),et de ses rhizomes réduits en poudre car elle contient de la saponine. Avant les lessives industrielles, elle s’utilisait en mélange avec de la soude pour nettoyer le suint des laines et blanchir les dentelles. Réputée pour ses nombreuses vertus médicinales, elle est aussi employée dans la cuisine turque pour ses propriétés gélifiantes et entre dans la composition du halva.
 

LE SÉNEÇON JACOBÉE
Donné par les guides pour fleurir de juin à novembre, le Séneçon Jacobée (Jacobea Vulgaris) est donc «bien dans les clou». Exercice compliqué pour le photographe, dans la lumière chaude de fin d’après midi, le jaune éclatant de son inflorescence éteint tout le décor environnant. Dans la zone c’est une plante assez fréquente un peu partout, mais à ne pas confondre avec le Séneçon du Cap (voir plus loin dans l’article).


Jacobea Vulgaris est une plante mal aimée des agriculteurs. Cette asteracée contient 65 alcaloïdes différents et peut empoisonner les herbivores tout comme les humains. Plante peu exigeante elle est très répandue et peut même devenir invasive. Ses graines ou akènes se répandent vite et loin grâce à un système d’aigrette comparable à celui des Pissenlits. Les fleurs sont en fait ce pompon (capitule) que l’on voit au centre de la collerette constituée de 12 à 15 languettes chargées d’attirer les pollinisateurs. Une seule bestiole réussit à se nourrir des feuilles de la «Jacobée». La chenille du papillon nocturne Tyria Jacobea ou Goutte de sang, stocke le poison en elle pour se rendre immangeable par les oiseaux.

LA  GRANDE MAUVE
Malva Sylvestris pour les botanistes, s’est établie en nombre sur le talus séparant la zone de la rocade. Très commune sur les friches, les bords de routes, les talus normands, elle fleurit en principe de juin à octobre et pousse en plein soleil dans les sols assez riches, frais et bien drainé, même calcaires.


La grande Mauve  (famille des Malvacées) ou Mauve sauvage est connue comme plante médicinale et comestible depuis avant l’antiquité.  Toute la plante peut se consommer et a même été cultivée comme un véritable légume. Les feuilles se consomment cuites, les jeune pousses ou les fleurs en salade. Des graines ont été retrouvées lors de fouilles dans des campements préhistoriques.


LE LAITERON MARAÎCHER
L’aspect épineux de ses feuilles est plus dissuasif que méchant. Plante très commune dans les friches et les cultures, le Laiteron des Maraîchers (Sonchus oleraceus) fleurit en principe de juin à octobre.


Aujourd’hui regardé comme une mauvaise herbe par les jardiniers d’ornement, le laiteron des maraîchers était cultivé au moyen âge tant pour ses vertus médicinales que pour ses feuilles comestibles.  Aujourd’hui encore, les connaisseurs apprécient les jeunes feuilles et les fleurs dans les salades. Les feuilles plus matures sont cuites comme des épinards.

LA MARGUERITE
Un peu, beaucoup, passionnément, plus trop…La Marguerite  (Leucanthemum vulgare) de la photo a déjà bien vécu. Mais l’État des Lieux.blog n’est pas un catalogue d’horticulteur… Comme les humains, les fleurs vieillissent et, pour un photographe, cela s’observe aussi. Marguerite dérive du mot  latin margarita qui désigne les perles fabriquées par certains mollusques telles les huitres. De la Perse en passant par la Grèce et Rome ce mot à fait un long chemin avant de nommer une fleur des champs.


La marquerite  appartient à la famille nombreuse et variée des astéracées et fleurit de mai à novembre. Comme pour le séneçon ou le chardon, l’inflorescence est une capitule, soit un ensemble de fleurs jaunes très serrées constituant le centre entouré par une couronne de grandes languettes . À pleine ouverture le tout peut atteindre 6cm de diamètre pour la plante sauvage. Certaines variétés cultivées  peuvent mesurer le double. Dans les friches industrielles, elle pousse de manière sporadique quand, au printemps, dans les prairies elle peut friser la surpopulation.

LA TANAISIE COMMUNE
Un vent facétieux aurait-il jadis soufflé tous ses pétales ? Pour ne pas se charger pendant le voyage, la Tanaisie les aurait-elle laissés en Sibérie et dans le Caucase d’où elle est venue, accompagnant les invasions barbares? Dans la zone industrielle d’Argentan, la Tanaisie pousse en nombre mais dans un secteur très restreint. Il s’agit peut être d’un cultivar qui aurait été planté là dans des parterres laissés ensuite à l’abandon.


Je t’aime moi non plus…La Tanaisie commune ou Tanacetum vulgare, est une plante  aromatique mais pouvant être toxique, soit psychoactive et fortement laxative si consommée à haute dose. Il n’empêche! On la cultivait au moyen-âge, et elle était même recommandée comme plante potagère. Des propriétés médicinales  (traitement des spasmes et des fièvres) lui étaient attribuées. Son amertume et son odeur de camphre lui valent encore aujourd’hui de figurer parmi les composants de certaines liqueurs et apéritifs. La floraison s’effectue en principe de juin à octobre. C’est encore une astéracée qui fleurit en capitules, constitués de nombreux fleurons et dépourvus de languettes. Ceci lui confère cet aspect insolite qui a sans doute excité l’intérêt des jardiniers d’ornement.


LA VIPÉRINE (Vipérine vulgaire)
Echium vulgare,  pour les intimes, fleurit en principe de mai à octobre. Dans cette zone la Vipérine est plutôt localisée dans le secteur du château d’eau et derrière l’ancienne usine Moulinex. Elle y voisine avec une forte population d’origan commun. Si elle y fleurit encore un peu en ce début Novembre 2020, sa « belle période (plante hautes et très fleuries) est au printemps avant les premiers fauchages.


Qui s’en doute encore aujourd’hui ?  La Vipérine vulgaire était autrefois consommée (jeunes feuilles de la rosette) en salade, une teinture rouge était extraite de ses racines servant à colorer la laine. Cette plante venue jadis d’Eurasie a colonisé le monde entier et est même considérée comme invasive dans certains états des USA. Ici c’est une plante mellifère très appréciée des abeilles, domestiques et sauvages. L’une de ces dernières nourrit même ses larves du seul pollen bleu de la Vipérine.

LE SÉNEÇON DU CAP
Sur la zone on le trouve hélas un peu partout, en touffes plus ou moins hautes et denses. C’est une plante invasive et pugnace qui aime les friches et les jachères. Fleurissant de juin à décembre le Séneçon du Cap s’accommode de tous les sols mais préfère les sol acides et pas trop argileux.


Le Séneçon du Cap (senecio inaequidens) est une plante très invasive originaire d’Afrique du Sud. Elle s’est s’est transportée en France vers 1930 sur la laine de mouton importée par les usines de Calais (62) et de Mazamet (81). Il est toxique pour le bétail (bovins, ovins, équidés) la plupart des insectes, les humains et même les plantes qui l’entourent. À l’instar de la Renouée du Japon, c’est un envahisseur contre lequel il faudrait lutter par arrachage, racines comprises, avant la fructification, pour éviter à la fois qu’il se ressème et se ramifie.
 

LA KNAUTIE DES CHAMPS
À cette saison, la Knautie se fait rare partout, mais nous en avons encore trouvé en cette fin novembre sur un talus de la zone d’activité commerciale de La Gravelle . La floraison de la Knautie des champs court en principe de juin à septembre. Parmi les plantes sauvages de nos régions bien peu se rangent à la lettre K du répertoire des noms de plantes. Dans certains guides, on ne la trouve d’ailleurs que sous son autre appellation de Scabieuse des champs.


Knautia arvensis  réunit dans un même bouquet (capitule) plusieurs dizaines de petites fleurs, formant une espèce de super-fleur. Les fleurs de la collerette offrent une corolle bien développée tandis que les centrales sont minuscules. Les premières attirent les insectes. Les secondes fabriquent les graines. La Knautie a été ainsi nommée en l’honneur du botaniste allemand Christian Knauth (1656-1716) par Carl Von Linné (1707-1778) grande classificateur des espèces végétales, dont l’énorme travail fait toujours référence aujourd’hui.

L’ORIGAN COMMUN
Dans cette zone industrielle, l’Origan commun s’est répandu dans les parterres et les friches de nombreuses rues, s’il peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur, dans ces lieux assez régulièrement fauchés, il culmine en général aux alentours de trente centimètres. Le remuer lui fait dégager un arôme puissant qui met en appétit.

L’Origan commun ou origanum vulgare est une plante aromatique et médicinale réputée depuis l’antiquité. Il est toujours très employé dans les cuisines grecques, italiennes et portugaises. Il est apprécié depuis le moyen-âge pour ses propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires lors du traitement des maladies de gorges ( rhumes, grippes…) S’il peut pousser partout, il apprécie surtout les sols secs et la pleine lumière (talus, lisières des bois, pentes rocailleuses et calcaires bien exposées).
Concentré en parterres, il peut aussi être très décoratif.

L’AJONC D’EUROPE
Tout comme le Genêt, avec lequel il voisine dans cette parcelle, il est assez probable que cet arbuste ne pousse pas ici par hasard . Emblème officiel de la Bretagne, L’Ajonc d’Europe (ulex europaeus) fait partie de la même famille ( les fabaceae) que le Genêt.  Mais la confusion n’est guère possible… L’Ajonc, ça pique ! Facile à faire pousser, c’est donc un arbuste très pratique pour créer des haies serrées très défensives.


Parent piquant du Genêt, l’Ajonc fleurit en principe en masse au printemps mais des individus isolés peuvent fleurir ainsi a d’autres périodes (fin août). L’ajonc peut aussi , selon les lieux (sol, exposition), fournir des fleurs éparses presque toute l’année. C’est un peu oublié aujourd’hui, mais l’ajonc a été une plante fourragère, et même consommée, moyennant préparation, par les humains. Son bois, non toxique, a été utilisé dans la coutellerie.


NÉPÈTE DE MUSSIN
 Bien que nous l’ayons photographiée parmi les fleurs sauvages, celle ci n’en est pas une dans nos régions. Originaire du Caucase, elle est surtout utilisée comme plante décorative pour sa capacité à couvrir assez vite de bonnes surfaces. Celle-ci est peut-être un vestige d’une époque où l’endroit a été paysagé. Divers parterres entretenus de la ville d’Argentan en comportent des massifs.


Népeta Racemosa, appartient à la même famille que les Menthes, les lamiacées. Elle fleurit en principe  de juin à octobre et fournit une floraison importante de petites fleurs nectarifères, très fréquentées par les abeilles. Les jeunes pousses et les fleurs sont comestibles et s’utilisent pour agrémenter les salades.  La plante est connue de longue date pour ses vertus médicinales en cas de grippe, toux, troubles digestifs. Racemosa est très appréciée des chats qui adorent s’y frotter.
 

LE GENÊT À BALAIS
Rien d’étonnant à trouver ici des Genêts (cytizus scoparius), ce sont des arbustes à croissance rapide que l’on plante pour régénérer les sols des friches industrielles ou couvrir rapidement des espaces dénudés. Les guides donnent sa floraison entre la fin mai et le début juillet. Effet du dérèglement climatique peut être, ceux que nous avons rencontrés proposaient encore quelques rares fleurs en ce début novembre.


Avant que les balayeurs de la ville de Paris ne soient dotés de balais en plastique verts, quasi fluorescent, leur outil principal était faits de branches de Genêt ou de Bouleau. Il avait le mérite de ne laisser à l’usure que de la poudre végétale et d’être bio dégradables ou utilisables comme combustible lorsqu’ils étaient usés. Le Genêt appartient à la famille des fabiacées. Toxique, il est cependant utilisé par l’industrie pharmaceutique qui en extrait plusieurs substances utiles.

LIENS
Les informations concernant les plantes ne sortent pas de notre chapeau ! Pour les obtenir et les vérifier nous consultons systématiquement divers liens et ouvrages dont Wikipédia. Si notre article a attisé votre curiosité et  vous incite à approfondir la connaissance de chacune des plantes présentées nous vous invitons à les et les consulter.
Livres
L’indispensable guide de l’amoureux des fleurs sauvages. (Éditions Belin 2016) Assez pratique à utiliser grâce au classement par la couleur, ce livre décrit quelque 300 fleurs présentes sur le sol Français. Le volume contenu et la couverture plastifiée facilitent l’emport et l’utilisation sur le terrain.
Quelle est donc cette fleur ? (Éditions Fernand Nathan 1975)
Cette édition française d’un ouvrage allemand publié en 1973, répertorie les fleurs en classements croisés selon leur couleur et leur habitat. L’illustration  (1200 planches couleur) est uniquement dessinée. Revu et actualisé, ce guide est toujours disponible en librairie.

Liens numériques
https://plantnet.org  Ce site participatif s’utilise en application, soit sur le téléphone mobile, soit sur un ordinateur. On envoie une photo de bonne qualité  (nette et en gros plan) d’une fleur, d’une feuille ou d’un fruit et le site en retour identifie la fleur par comparaison avec des photos d’autres contributeurs. Il effectue, au besoin, plusieurs propositions. Sans être infaillible, l’application s’avère assez fiable pour l’identification sur le terrain à l’aide d’un mobile offrant une bonne qualité d’image. Plantnet permet de trouver le nom de la plante, mais ne fournit pas d’autre information. Recouper et documenter avec d’autres sources reste indispensable.
Nature et jardin.fr
Un site documenté, érudit, bien écrit dont le contenu est accessible aux néophytes.
Jardinage.lemonde.fr
Nous consultons régulièrement ce site édité par le quotidien Le Monde. À l’image du journal, c’est sérieux et bien fait.
Tela-Botanica.org
Ce site participatif aide à identifier les plantes et fournit des informations intéressantes sur la botanique et la protection de l’environnement.

LES FLEURS DU SECOND CONFINEMENT

Chicorée sauvage

VOILA QUE ÇA RECOMMENCE! NOUS SOMMES «RE» CONFINÉS, ET DONC «RE»PRIVÉS DE BALADE A PLUS D’UN KILOMÈTRE DE CHEZ NOUS. À L’ÉTAT DES LIEUX.BLOG, NOUS AVONS LA CHANCE DE DISPOSER DANS CETTE LIMITE D’ENDROITS OÙ NOUS POUVONS NOUS AÉRER ET OBSERVER LA NATURE. CE N’EST HÉLAS PAS LE CAS DE TOUT LE MONDE DANS NOTRE PAYS. ALORS, COMME LORS DU PREMIER CONFINEMENT, NOUS OFFRONS A TOUS LES CONFINÉS, INJUSTEMENT PRIVÉS DE NATURE, CES QUELQUES FLEURS QUI NOUS SONT ENCORE PROPOSÉES PAR LA VÉGÉTATION AUTOMNALE SE PRÉPARANT À AFFRONTER L’HIVER.

Quelques inconséquents ont jugé bon de faire la fête ou de tenir des réunions (professionnelles, religieuses, familiales, etc..) sans respecter les précautions sanitaires indispensables. Alors le gouvernement re-confine tout le monde sans vérifier si cela est bien partout nécessaire. Ce second confinement ne tient aucun compte des densités de population ni des statistiques locales de contamination. Il le marasme économique qui accentue à celui généré par le premier confinement.
C‘est en pensant à tout ceux qui vivent dans des lieux ultra-urbanisés et dépourvus d’espaces de véritable nature que nous sommes allés ce dimanche premier octobre 2020, nous balader sur le site dit des Fontaines (Argentan-61). N’en déplaise à tous les petits caporaux et tous ceux qui suivent sans réfléchir, nous y avons bien pris tout notre temps pour y ramasser des pommes et, malgré la grisaille, photographier les quelques fleurs illustrant cet article.
CHICORÉE SAUVAGE
Tant au sol que sur les arbres et arbustes, les fleurs sauvages ne sont plus très nombreuses en Normandie à cette saison. La jolie Chicorée sauvage (photo d’ouverture et ci-dessous) est même une attardée de l’été, la plupart des guides indiquent sa floraison de juillet à septembre. En plein vent, dans la nature, toujours à plusieurs dizaines de mètres du premier vadrouilleur venu, nous risquions moins durant toute un après-midi d’être contaminés par le covid que dans un super marché le temps de faire les courses. Il aurait donc été dommage de ne pas profiter de ces ultimes spécimens présents sur un talus bien abrité et orienté.

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«Sa culture était déjà préconisée dans un Capitulaire de Charlemagne…» indique le Guide de l’amoureux des Fleurs Sauvages (Éditions Belin). Plante herbacée de la famille des asteracées, la Chicorée sauvage (chicorium intybus) est donc une plante comestible connue depuis au moins le VIIIe siècle. D’un bleu intense et lumineux tirant ver le mauve, les capitules et languettes de sa fleur s’ouvrent le jour et se referment la nuit ou lors des périodes de faible luminosité.

BUDDLEIAS ET VULCAINS
Il aurait été dommage aussi de se priver des dernières Cirses des champs, elles aussi rescapées de l’été. Non loin de là, un Buddleia offre encore quelques panicules mauves. Lors de jours plus radieux précédant ce re-confinement, elles nourrissaient encore (photo ci-dessous) de superbes Vulcains (Vanessa Atalanta). Aujourd’hui, malgré la douceur de la température, les papillons boudent l’offrande, comme les abeilles, ils aiment le soleil et la lumière.

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David nourrit Vulcain! Arbuste originaire de Chine, le Buddleia de David est un arbuste invasif qui s’installe partout où le vent pousse ses graines. Le nectar parfumé de ses nombreuses fleurs attire toute sortes d’insectes et de papillons. Visitée par un Vulcain, cette fleur a été photographiée sur le site des Fontaines à Argentan (61) à la fin octobre 2020.

CIRSE DES CHAMPS
Justement en ce jour de Toussaint, non seulement la lumière n’était pas folichonne mais en cette fin d’après midi elle devient crépusculaire pour ne pas dire sépulcrale. Alors, après avoir photographié la Cirse des champs (image en fin de texte), nous rentrons car nous avons déjà plus que largement dépassé l’heure d’activité physique autorisée. Dans la nature, le temps passe décidément plus vite qu’à la maison et il ne s’agirait pas que cette agréable demi journée soit gâchée par la rencontre de quelque trop zélé pandore.

Cirse des champs

La Cirse des champs ou cirsium arvense est une autre attardée de l’été (floraison habituelle entre juin et septembre) et une rescapée de la tonte drastique du bord des chemins du site des Fontaines (Argentan). Comme les Chicorées sauvages présentées ci-avants c’est une asteracée. Cette belle plante tenace et dotée d’une grande capacité de reproduction est considérée comme nuisible par les céréaliers.

ÉTRETAT SOUS LA PLUIE

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Étretat,  sa célèbre Falaise d’Aval, son arche  et sa fameuse aiguille vues de la Falaise D’amont. Ce couple de promeneurs ne nous contredira sans doute pas, le site tant apprécié des peintres et des écrivains, n’est pas moins romantique sous le pluie.

LE MERCREDI 10 JUIN 2020, NOUS ÉTIONS A ÉTRETAT. IL PLEUVAIT SUR L’HISTORIQUE CITÉ DE VILLÉGIATURE DE LA CÔTE D’ALBÂTRE.

Depuis des lustres nous voulions voir «en vrai» la fameuse Falaise d’Aval et sa mythique aiguille de calcaire… D’un blanc laiteux strié de gris sale elle baigne dans un camaïeu de bleus gris pour le ciel et de verts bleutés pour la mer. La pluie et le vent se sont ligués pour nous accueillir à Étretat. Si nous souhaitions reproduire le chromo criard des cartes postales proposées par les marchands de souvenirs, c’est raté. Mais cela ne retire rien à la majesté du lieu, bien au contraire. Avec ce temps chagrin, le site s’impose à nous tel que savaient aussi l’apprécier des peintres tels que Jongkind et Monnet, grands admirateurs et promoteurs de l’endroit.

 SURPRENANTS JARDINS
La persistance des intempéries, nous invite à oublier, pour cette fois, l’ascension de la Falaise d’Aval. Nous préférons gagner les Jardins d’Étretat situés sur la Falaise d’Amont. En partant du centre ville à pied, quel que soit le trajet emprunté, le but se mérite. Créé en 2016 sous la direction du paysagiste russe Alexander Grivko à partir du jardin de la Villa Roxelane (1905) ce parc d’environ 1,5 hectare comprend plusieurs jardins thématiques. Chacun d’entre eux est à lui seul une œuvre horticole d’art contemporain. Sur divers points sont installées des sculptures récentes. Les plus connues, sont sans nul doute ces visages de dormeurs , dus à Samuel Salcedo, qui sommeillent dans de douillets édredons de verdure. DSC_9759 copie copieLes œuvres et les feuillages mouillés de pluie captent la moindre éclaircie et le visiteur évolue alors dans un univers bien plus intéressant encore que sous le soleil. Il faudrait pouvoir passer ici plus de temps, y revenir souvent pour appréhender les lieux selon les saisons et les différents éclairages de la journée. Sur place, l’on comprend que la réalisation de ce jardin extraordinaire et sa maintenance ne sont pas une mince affaire. Les travaux auraient coûté aux alentours de 2,5 millions d’euros (voir chapitre Liens). Mais à 9 € par adulte (enfant 7, 20 €), le billet d’entrée, on persiste tout de même à penser que nombre de familles se passeront de cette visite.

 FALAISE D’AMONT
Que les impécunieux se consolent , car là-haut, sur la Falaise d’Amont, à deux pas des onéreux jardins, le panorama sur la ville, la Falaise d’Aval est lui totalement gratuit et accessible en fauteuil roulant. En poursuivant un peu la balade au bord des falaises vers le nord, le promeneur découvre une vue plongeante sur la Porte d’Amont.

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La Porte d’Amont est la plus petite des trois arches perçant les falaises d’Étretat. Ce point de vue est accessible en cheminant un peu sur les arrières de la chapelle dite «Notre-Dame-de-la-Garde».  La plus grande prudence est ici de rigueur, surtout si des enfants nous accompagnent.

Quelle que soit la météo (voir photo d’ouverture), le spectacle naturel est ici grandiose et dépasse de loin ce que pourrait réaliser le plus talentueux des paysagistes, si «bionique» ou «néo-futuriste» soit-il. La chapelle « Notre Dame de la Garde» coiffe le sommet. Elle date de 1950,  celle que les marins d’Étretat avaient édifiée en 1856 (voir Liens) à été détruite par l’occupant nazi en 1942. De loin, sans pour autant y être indispensable, elle participe à la majesté du lieu. De près, son lourd style néo-gothique, évoque plutôt un décor de film d’épouvante. Paysage, faune, flore… Les falaises alentour offrent milles autres sujets d’observation autrement plus réjouissants à contempler.

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Le Sainfoin ou Esparcette Cultivée fait partie des plantes que l’on peut trouver en juin sur les falaises d’Étretat. Nous en avons rencontré plusieurs pieds au sommet de la falaise d’Amont à quelques pas de la chapelle.

 

CENTRE VILLE
Effet de la météo et de l’accueil frigide, en ces temps de déconfinement, la ville même d’Étretat ne nous a pas enthousiasmés. Le tour des façades anciennes ou néo-normandes remarquables est assez vite achevé. Les quartiers proches du front de mer, sont truffés de boutiques assez semblables à celles que l’on peut trouver partout ailleurs dans les station balnéaires sur toutes les côtes de l’hexagone. Un grand nombre d’établissements de bouche ferment le mercredi (et le jeudi !) ou ne servent «plus qu’à boire passé 18 heures ». Nous avons l’impression d’ennuyer les employés retranchés derrière leurs masques et peu enclins à rendre leur élocution intelligible. C’est à ce point que nous envisageons sérieusement de nous ravitailler dans une épicerie et une boulangerie pour diner dans notre très accueillante chambre de l’hôtel Le Donjon. C’est d’ailleurs ce que nous ferons le lendemain soir.

 

FRONT DE MER
Par ce temps très maussade, les rues très encaissées d’Étretat sont en fait assez tristes et sombres. La plupart des visiteurs cherchent la lumière sur la promenade du front de mer. Après tout, ce qu’Étretat possède de plus précieux et dont on ne se lasse pas ce sont ses falaises et ses galets. Hélas à l’extrémité de la promenade, au pied de la Falaise  d’Amont, ont été bâtis des immeubles dépourvus de tout intérêt architectural.

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Des immeubles sans charme ni intérêt architectural défigurent le front de mer d’Étretat et le site de la Falaise d’Amont. Sans doute ont-il rapporté quelques substantiels bénéfices à des promoteurs et des propriétaires immobiliers.

Ces parallélépipèdes de béton en complet désaccord avec le style du reste du centre ville, défigurent ausi le site naturel de la Falaise d’Amont. Bâtis entre les années 1950 et 1980, ou l’on avait pas grande conscience de la préservation du littoral, ils remplacent des édifices de style néo-normand, construits entre la fin du XIXe et 1910 et détruits durant la seconde guerre mondiale, pour faciliter l’édification du fameux «Mur de l’Atlantique». DSC_9814 copie copieSur la promenade, une plaque commémore Georges Bourdon, ex dirigeant du SNJ (syndicat national des journalistes) et indique qu’un jardin lui est consacré. Derrière les vitres sales de la clôture, nous ne voyons ce jour là qu’une misère de mini no man’s land lépreux.
Nous voulons croire qu’un tel abandon est seulement lié à la crise du covid 19 et qu’il a été remédié à cette déchéance depuis.

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Étretat: Le Jardin Georges Bourdon photographié le 10 juin 2020.

OPPORTUNISTES GOÉLANDS
La météo ne s’arrangeant pas, nous nous invitons derrières les vitres de la terrasse couverte d’une crêperie. Correcte, la nourriture proposée n’incite toutefois pas à parcourir des centaines de kilomètres pour s’en régaler. Plus intéressante est l’audace des goélands. À peine sommes nous servis que l’un d’entre eux se pose sur le muret de soutient de la vitre. En habitué de la maison, il sait que derrière le verre il ne risque rien. L’espace entre le bas de l’épaisse vitre et le muret suffit pour que les gens lui glissent quelques subsides.

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Comment obtenir des gros plans d’un goéland avec juste un objectif court (zoom 28-80 Nikon)? Facile! Il suffit de s’attabler à la Terrasse d’un restaurant du Front de mer d’Étretat.

Test effectué, ici les goélands mangent avec une voracité époustouflante, aussi bien de la crêpe au Neufchatel ou aux pommes-caramel, qu’aux fruits de mer. «C’est interdit et même passible d’une amende» nous indique le masque de la serveuse. Quelques minutes plus tard, le volatile s’enhardit, entre dans la terrasse en passant sous une bâche latérale. Il (ou elle) fait la tournée des dessous de table et ressort s’installer sur le muret, devant les vitres d’un restaurant contigu. Sur le chemin de l’hôtel, d’autres goélands festoient dans les poubelles des commerces de bouche, attendent devant les restaurants de poisson, se désaltèrent dans les flaques de la rue, se souciant à peine de la circulation automobile. Nous rentrons, le lendemain promet une météo plus radieuse mais nous irons voir Veules les Roses.

LIENS
Les Jardins d’Étretat vus par Le Figaro.fr: https://www.lefigaro.fr/jardin/2017/09/01/30008-20170901ARTFIG00034-entre-ciel-et-mer-l-incroyable-jardin-russe-d-etretat.php
Site officiel des jardins d’Étretat: https://etretatgarden.fr/
Le Monde.fr: https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2019/09/25/voyage-impressionniste-sur-la-cote-d-albatre_6013039_4497319.html

VOYAGE AUX CONFINS DES PÂTURES

 

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LES PÂTURES D’ARGENTAN CE N’EST PAS SI VASTE POUR QUE L’ON PUISSE, EN TEMPS ORDINAIRES, PARLER DES LIMITES DU SITE COMME DE « CONFINS». CE TOUT AU MOINS AU SENS MYTHIQUE DE CE MOT TEL QU’IL PEUT SE TROUVER DANS L’ŒUVRE DE JULES VERNE, PAR EXEMPLE. TEL QU’ON L’ENTENDAIT AUSSI À CES ÉPOQUES, PAS SI ANCIENNES, OU LA MAIN DE L’HOMME N’AVAIT PAS ENCORE PARTOUT LAISSÉ SES CANNETTES USAGÉES.

Ainsi, l’Amazonie, le Sahara, l’Himalaya, avaient encore des «confins» quasi inconnus qui faisaient rêver… Mais en ce printemps 2020, nous ne sommes pas en des temps ordinaires, «confinement » oblige notre portée géographique a été rétrécie à la portion «configrue». Tout au long de ce « confinement », nos rêves de voyages ont du pour une durée incertaine se contenter d’explorer des « confins » accessibles dans un rayon de un kilomètre autour de notre domicile. Ceci nous ramène, in fine, à la définition pratique donnée du mot confins par le Larousse : «Parties d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre ». Ainsi vu, cela fait déjà moins rêver et les Pâtures ayant des limites, ont donc bien des « confins ».

 LE SOLEIL, LE VENT ET DES RÊVES…
Lorsque je marche, solitaire, la bas tout au fond des Pâtures, là ou le sentier n’est plus que de terre et d’herbe, me reviennent ces moments estivaux de grande liberté de mon enfance. Je pouvais aller ou bon me semble, pourvu que cela ne soit «pas trop loin de la maison» et que je sois rentré pour goûter.

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Aux «confins» des Pâtures d’Argentan: « là ou le sentier n’est plus que de terre et d’herbe ».

Porté souvent par mes rêveries bien plus loin que prévu, j’avais parfois bien du mal à respecter ces consignes. C’était là bas en Champagne, durant les grandes-vacances. Je partais en « exploration » avec pour seuls guides, le soleil, le vent et mes rêves inspirés par les livres de Vernes, de Defoe, de Wyss ou Mark Twain, les récits des aventures de Stanley et Livingstone, les romans sahariens de Roger Frison-Roche. Un ruisseau m’était alors un fleuve.

DSC_8752 copieAbritée par un bosquet de saules au bord de la Marne, une vieille barque devenait un vapeur ou une «Jangada» sur l’Orénoque, l’Amazone ou le Mississipi. La colline était mon Everest et le petit « Bois des Cosaques », une jungle inextricable. Une ancienne carrière pelée devenait l’Erg des Garamantes. Mon imagination se bricolait des aventures « aux confins » du monde exploré avec les moyens du bord.

 RADIEUSES PARENTHÈSES
Aujourd’hui bien sur, un vieil arbre mort entouré par des roseaux ne m’évoque plus un moai pascuan, ou une statue érigée jadis dans la jungle par une civilisation perdue.

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Je ne me hisse plus dans les ramures des grands arbres en décidant qu’il s’agit du logis des « Robinsons Suisses » ou du séquoia de « L’École des Robinsons ». Il n’y a pas ici de barque sur l’Orne, Ce fleuve, car c’en est tout de même un, n’est même pas toujours navigable pour les canoés-kayaks. Il n’empêche… Tandis que durant cette seule heure de sortie autorisée pour « activité physique » par « le confinement », j’observe la nature revigorée par le soleil printanier, de grandes bouffées de ces vacances campagnardes et heureuses de l’enfance remontent en moi. À cette époque, je rêvais souvent qu’il ne s’agissait pas seulement de radieuses parenthèses entre deux années scolaires passées dans des HLM entourés de béton. Je rêvais que nous quittions ces maudites cités pour vivre toute l’année en pleine campagne et au bord de la mer, dans un endroit vaste et calme ou tout comme ici sur les Pâtures, la nature nettoie le regard et fait voyager l’esprit.

 

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT (2e suite)

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En ce moment en Normandie, les pommiers fleurissent. Celui ci vit à Argentan sur le site  des Fontaines. Situé au bord du fleuve l’Orne, ce lieu de promenade  permet aussi d’aller faire ses courses en vélo en évitant de passer en ville. Oiseaux, batraciens, lézards, arbres, c’est à quelques centaines de mètres du centre ville un endroit riche en bio-diversité.

QUARANTE SEPTIÈME JOUR DE CONFINEMENT!  SI LES HUMAINS SONT CONFINÉS, « DAME NATURE », ELLE, NE L’EST PAS. AUBÉPINE, BOUTONS D’OR, PISSENLITS, LILAS, POMMIERS, IRIS… EN CE PRINTEMPS SOLAIRE, DANS LES JARDINS, LES PRÉS, LES FORÊTS, LA VÉGÉTATION FAIT FLORÈS DE TOUTES SES FEUILLES ET SES PÉTALES.
SAURONT NOUS, « APRÈS », MESURER LA VRAIE VALEUR DE TOUT CELA?

Tant qu’il y aura des personnes confinées, nous continuerons cette série d’articles intitulée « Les Fleurs du Confinement ». Pour rappel, l’idée directrice est d’offrir des fleurs à ceux de nos concitoyens qui n’ont pas, comme nous, la possibilité de profiter tant d’un jardin que d’espaces de verdure accessibles à moins d’un kilomètre de leur domicile. S’il est bien une leçon à tirer de cette pénible période, c’est de mesurer à quel point, tous, y compris ceux qui prétendent ne pas aimer la nature, nous avons un réel besoin physiologique de ces lieux qui aèrent le regard, élargissent nos horizons tant physiques que spirituels.

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Sur le site des Pâtures à Argentan, la biodiversité est des plus étonnante. Cette fleur est celle de l’Alliaire Officinale ou Alliaria Petiolata, une plante comestible dont les feuilles se mangent hachées et dont les graines peuvent remplacer la moutarde. Cette crucifère (forme de la fleur) est de la même famille (les bracicacées) que le chou et la roquette.

«MOINS D’ANXIÉTÉ, DE DÉPRESSION ET DE STRESS…»
« Plusieurs études suggèrent que les espaces verts urbains sont associés à une meilleure santé auto-rapportée et diagnostiquée, un meilleur niveau d’activité physique, un moindre taux de mortalité, moins de symptômes psychologiques, moins d’anxiété, de dépression et de stress, et un niveau de cohérence sociale plus important. De plus, quelques études suggèrent que ces liens sont plus forts parmi les groupes de la population les plus désavantagés». Indique l’Institut National de Santé du Québec* dans un article web très documenté et faisant état de nombreuses études internationales européennes et américaines.

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Lorsque l’Iris s’ouvre… Quel excellent antistress que de pouvoir contempler une telle beauté. Ce moment du début de la floraison de l’Iris (ici une variété cultivée dans notre jardin) ne dure que quelques heures avant que la fleur s’épanouisse pleinement.  Cette variété est assez répandue dans les parcs paysagés comportant des points d’eau. Encore faut-il pouvoir y accéder. Avec le confinement, beaucoup trop de personnes sont hélas privées du printemps.

Ce lisant, notre pensée va aux nombreux voisins du Parc Jean Moulin (Parc des Guilands) à Montreuil (93-Seine-Saint-Denis). Tous n’ont pas, loin s’en faut, un jardin personnel pour en compenser la fermeture. L’endroit étant entouré de plusieurs grandes cités, on peut se dire dans un premier temps, que compte tenu du nombre de personnes susceptibles de le fréquenter durant cette pandémie, le mètre minimum sécuritaire pourrait ne pas y être respecté. Vu sous cet angle, dans l’urgence, ce parc devait donc être fermé quitte à imposer un vrai supplice de Tantale aux personnes qui habitent les immenses immeubles qui le bordent et voient cet oasis inaccessible juste sous leurs fenêtres.

UTOPIE
Dans un second temps, une réflexion plus mature nous amène cependant à nous demander pourquoi il n’est pas plus grand, et pourquoi on a autant construit autour. Ce qui conduit aussi à réfléchir sur la nécessité de repenser les villes, d’y agrandir et multiplier ces espaces de nature indispensables à la santé publique. On peut même aller plus loin dans l’utopie en imaginant que l’on pourrait répartir la surpopulation de toutes ces villes dans toutes les petites agglomérations, de province qui se dépeuplent. Cela, bien sur, demanderait une réorganisation profonde de la société (production, commerce, transport, infrastructures de santé) et surtout une révision radicale de l’éducation et de l’instruction que l’on y propage actuellement.

VERS LE MONDE D’APRÈS ?

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Vert… Le monde d’après?  C’est indispensable mais déjà les industriels, tout au moins ceux qui sont regroupés sous la bannière du MEDEF, demandent un moratoire sur les mesures environnementales.                                                                                                               https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-le-medef-souhaite-un-moratoire-sur-des-lois-environnementales_3930599.html

S’exprimant dans la presse, sur les radios, à la télévision, d’aucuns veulent croire qu’à la sortie de cette alerte qui paraît plus inquiétante encore que les précédentes (Tchernobyl, Fukushima, les incendies de Californie, d’Australie, d’Amazonie, d’Europe…) des changements forts s’amorceront. Que le monde d’«après» ne sera plus comme celui d’«avant». D’accord! Mais pour que cela soit, pour qu’enfin cesse cette fuite en avant vers la destruction de l’humanité, il va falloir « en un combat douteux** » vaincre bien des égoïsmes, des mégalomanies, des cupidités, des machismes même, et toutes autres sortes de maladies mentales dont sont affligés les maniaques du pouvoir et de la finance. Des maladies, l’histoire nous l’a appris, bien plus tueuses que le coronavirus. Comme nous le disons en Normandie lorsque la tâche paraît insurmontable « Eh ben bon d’lâ de bon souère ! Nos é point rendus! »***

 *https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1274_EspacesVertsUrbainsSante.pdf
** Titre d’un roman de John Steinbeck relatant une grève ouvrière dans les années 1930
*** Bon sang de bonsoir ! Nous sommes encore loin d’être arrivés !

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT (suite)

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Ainsi ouverte à tous les pollinisateurs, cette variété de tulipe cultivée, reprend une forme florale plus proche de celle de la tulipe sauvage (Tulipa sylvestris) qui produit essentiellement des fleurs jaunes .

Caltha des marais, lamiers blancs ou pourpres, tulipes… dans le jardin ou sur le site des Pâtures d’Argentan, au printemps, chaque jour de nouvelles plantes nous offrent leur début floraison tandis que celle des autres s’épanouit et évolue vers la fructification.

Cela s’apprend dans les écoles de journalisme, quand un article web est trop long à dérouler, à quelques exceptions près, les «web lecteurs » ne vont pas jusqu’au bout ou ne lisent pas tout. Face à ce « Grand vent de fleurs »1, qui souffle sur ce printemps 2020 nous avons donc décidé de réaliser une suite pour continuer à vous faire rencontrer plus facilement nos nouvelles découvertes. Le Covid 19 ayant décidé de jouer ses mortelles prolongations, quelques autres suites seront probablement publiées.

1 : titre exact du roman de Jeanine Montupet : Dans un grand vent de fleurs (éd : Robert Laffont 2008).

GÉNÉREUSE PIVOINE
La pivoine arbustive dont le bouton orne le début des « Fleurs du Confinement » (1er article*) offre maintenant de lourdes fleurs roses aux senteurs envoûtantes.

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Voluptueuse et lourde, la fleur de notre pivoine arbustive (ou pivoine arborescente), peut mesurer jusqu’à 18 cm de diamètre. Les premiers exemplaires de ces arbustes sont parvenus en Europe et plus précisément en Angleterre, en 1787, mais ils sont cultivés en Chine à partir d’espèces sauvages (aujourd’hui très rares) au moins depuis le IVe siècle (après J.C.)

Chaque année, cet arbuste prodigue sa floraison avec munificence. Pour alléger un peu les branches, nous faisons des bouquets fort appréciés par nos amis et nos voisins.
*https://letatdeslieux.blog/2020/03/31/les-fleurs-du-confinement/

ROBERT LE ROUGE
Dans le pot des bambous, ceux des tulipes et du petit chêne, au pied des lilas, derrière le bac à compost… Avec sa jolie petite fleur rose, cette plante sauvage, pour le moins vivace et intrusive, s’invite partout dans le jardin comme dans la nature.

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La fleur rose du géranium robertianum mesure entre 1 et 2 cm de diamètre. Le nom robertianum est lié à la couleur de ses feuilles qui rougissent en vieillissant. Malgré une odeur assez désagréable, l’herbe à Robert est une plante fort appréciée de la pharmacopée traditionnelle qui lui prête de nombreuses vertus. Comestibles, ses jeunes feuilles ont un goût assez amer et astringent mais sont riches en vitamines. La famille des géraniacées comptent environ 800 espèces dont 430 dans le genre géranium.

Son nom vernaculaire le plus connu est «l’herbe à Robert», son nom botanique est géranium robertianum. Cela n’est pas criant à le voir, mais il appartient bien à la même famille (les géraniacées) que tous ces géraniums « domestiques» et calibrés que l’on voit, alignés en rang d’oignon dans les jardinières, «courir à longueur de balcon*».
*« Les boules de gommes » Chanson chantée par Régine (album: Régine 1969).

HELLÉBORE À BORD
Un parterre sépare la terrasse de bois de la pelouse de notre jardin. Une dernière hellébore y propose sa floraison tardive… Elle fait partie d’un petit massif dont toutes les fleurs, seules à avoir égayé le jardin en hiver, ont déjà toutes verdi. La formation des gousses de graine y est déjà bien avancée.

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Du blanc au noir en passant par des roses ou des pourpres allant du lavé au très soutenu, la plupart des variétés cultivées relèvent du genre hellébore noir, helleborus niger pour les intimes. Ces belles vivaces fleurissent de novembre à mars et résistent au gel jusqu’à -28°. Très rare, la plante sauvage originelle provient des Alpes où elle est aujourd’hui protégée.

Une recherche dans un guide* nous apprend que la « rose de Noël » est « utilisée pour la fabrication de poudres à éternuer ». En ce début de printemps, sa toxicité (présence de digitaline) ne semble pourtant pas déranger les pucerons.

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En fin de floraison ( mi mars ), la fleur de l’hellébore se met au vert et forme les gousses qui contiennent les graines.  Celles-ci germent assez aisément si les semis s’effectuent, entre aout et septembre, dès leur maturité. Une atmosphère humide et ombragée est recommandée.

Si nous n’y mettons bon ordre en pulvérisant du savon noir liquide (dilué dans 70% d’eau), ils attaqueront ensuite le feuillage et les boutons naissants des véritables rosiers.

* Quelle est donc cette fleur ? Editions Fernand Nathan 1985.

 

LAMIER LE BIENFAITEUR
Parmi la riche biodiversité des Pâtures d’Argentan, fleurit en ce moment le Lamier blanc. Comme beaucoup de non-connaisseurs, nous avons longtemps pensé que cette plante était une variété d’ortie dont le mérite est de pas piquer. Ne nous l’avait-on pas depuis l’enfance indiquée comme étant l’ « ortie blanche ».

DSC_8634 copiePourtant le lamier blanc n’appartient pas du tout à la famille des urticacées. «Lamnium album », pour les botanistes, relève de la famille des lamiacées. La ressemblance de ses feuilles avec celles de l’ortie est, certes troublante, mais ses fleurs blanches et sa tige de section quadrangulaire permettent de le distinguer sans équivoque.

Multifonction
Depuis l’antiquité, il est apprécié par les herboristes qui lui prêtent des vertus médicinales assez diverses, pour ne pas dire hétéroclites. Selon le guide Belin1, il s‘utilise « en application pour lutter contre les pellicules ». Un autre 2 nous révèle qu’il traite les inflammations des voies respiratoires et digestives. Il aiderait à soigner les infections de la muqueuse vaginale, les hémorragies de l’utérus, les insuffisances urinaires (diurétique) et est utilisé contre la goutte et pour la guérison des plaies (vulnéraire). Enfin il est comestible et  se consomme en salade (feuilles et têtes fleuries) ou cuit comme des épinards (feuilles).
1 «Indispensable guide des fleurs sauvages » Éditions Belin 2016
2 « Quelle est donc cette fleur ? » Éditions Fernand Nathan 198

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT

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Sur le site des Pâtures, quelques fleurs du cerisier situé près du petit pont de bois.

JONQUILLES, FICAIRES, VIOLETTES, MUSCARIS, PERVENCHES, ANÉMONES DES BOIS, PRIMEVÈRES, CARDAMINES DES PRÈS…
DURANT LE «GRAND CONFINEMENT», DANS LES JARDINS COMME SUR LES LIEUX  DE PROMENADE ENCORE AUTORISÉS, LA FLORAISON PRINTANIÈRE CONTINUE.

 À l’État des Lieux nous mesurons à sa juste valeur la chance d’habiter dans une petite ville et d’y profiter d’un petit jardin urbain d’environ 90 m2 . À quelques centaines de mètres, de la maison se trouve un vaste site de promenade baptisé « Les Pâtures » et classé « Espace Naturel Sensible ».

Dans le jardin déjà, les poiriers fleurissent, les boutons de la pivoine arbustive dévoilent peu à peu son rose puissant. Au pied de ces «géants » vit tout un petit peuple de jacinthes, de narcisses, de muscaris, de violettes des bois, de primevères sauvages ou de culture. Les abeilles solitaires et quelques jolis paons de jour profitent de l’aubaine. Les mésanges, les rouge gorges, les merles, les tourterelles, viennent aussi dévorer les miettes et les trognons de pomme que nous plaçons dans les parterres.

Sur les Pâtures, par beau temps, le feu d’artifice neigeux du prunelier et de l’aubépine éclate sur l’azur du ciel ensoleillé. Près du petit pont de bois, un cerisier resplendit. Viorne aubier, noisetier, prunellier, fusain, sureau, partout le vert tendre des jeunes feuilles émerge des bourgeons.

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Derrière cette haie de pruneliers et d’aubépine, coule le fleuve l’Orne. Le sentier dit des Pâtures offre la possibilité de se promener une bonne heure. La boucle totale mesure 2,18 km. En cette période de confinement, pourvu de n’habiter pas trop loin, cet «Espace Naturel Sensible» permet, dans la journée, une balade apaisante.

« La vie est là simple et tranquille », disait Paul Verlaine. Notre pensée va à tous ceux qui, confinés dans les métropoles et de petits appartements, loin de tout lieu de nature, n’ont plus même accès à aucun coin de verdure, les parcs publiques leur étant interdits. Pour avoir longtemps travaillé à Paris et Montreuil, nous savons combien la privation doit être difficile à vivre pour qui doit occuper des enfants. En attendant des jours meilleurs, nous vous offrons ces quelques fleurs fraîchement photographiées. Des images légendées seront ajoutées régulièrement en attendant la fin de ce marasme.

LA PIVOINE ARBUSTIVE

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Lorsqu’elle est épanouie, cette fleur est un luxe de volupté, mais en ce frileux début de printemps, les boutons se gardent encore de trop dévoiler. Pour les botanistes, elle s’appelle Paeonia suffruticosa ou Pivoine « Moutan ». Les ancêtres des nombreux cultivars de nos parcs et jardins sont originaires de Chine et, plus précisément, de l’Himalaya. La pleine floraison officie en temps ordinaire de mai à juillet. Cependant, depuis quelques années, nous avons constaté une floraison de plus en plus précoce. Ainsi que divers pied de pivoines herbacées, l’arbuste faisait partie depuis des lustres déjà des habitants du jardin lorsque nous avons acquis cette maison il y a vingt ans. La pivoine peut vivre très longtemps lorsqu’elle se plait là où elle a été plantée.

PROMESSE DE FRUITS

DSC_8353 copie.jpgLes poiriers aussi habitaient là bien avant nous. Chaque printemps, c’est un véritable ravissement que de voir les bourgeons s’ouvrir et les arbres se couvrir de fleurs blanches. En théorie chacune d’entre elles pourrait devenir un fruit. Mais même si l’un des deux arbres est un adepte du productivisme, tous les fruits formés sont loin de parvenir à maturité. Malgré tout, à la fin de chaque été, voisins et amis profitent de généreux surplus, les pots de confiture surchargeant déjà les étagères de la cuisine.

SURPRENANTE  NARCISSE
Même sans le miroir d’un plan d’eau pour s’admirer, les narcisses se plaisent dans ce jardin. Des narcisses jaunes, proches de la jonquille des bois,  voisinent avec des cultivars à l’aspect plus sophistiqué. L’étonnante « Double Tahiti », photographiée ci-dessous, descend d’un pied disparu de l’endroit ou nous l’avions planté quelques années auparavant.DSC_8343 copie.jpg Longtemps, seul le feuillage a transpercé la pelouse sans que nous sachions à quoi pouvait bien ressembler la fleur. Les botanistes répertorient au moins cinquante espèces sauvages appartenant au genre narcisse. Hybrides et autres croisements élaborés à partir des précédentes, les cultivars sont nombreux et variés.

OPPORTUNISTES MUSCARIS
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Dans ce jardin, les muscaris poussent un peu où bon leur semblent, selon l’endroit où se sont posées les petites graines noires, issues des premiers bulbes plantés par nos soins. Près du poirier, est d’abord apparue une seule tige florale. Quelques années plus tard la famille s’est quelque peu agrandie. Ils ont parfois aussi voyagé avec le compost, ou un peu de terre collée sous les semelles. Cette vivace de la famille des liliacées est une proche parente de la jacinthe sauvage, endémique des sous bois de nos régions. Appelé aussi «jacinthe à grappes », le muscari courant de nos jardins serait originaire du Caucase et de la Turquie. Les jardineries proposent parfois des variétés de muscaris blanches, roses ou d’un bleu plus clair et plus vif.

PRIMEVÈRE ACAULE

DSC_8186 copie.jpgLes botanistes la disent « commune» ou « primula vulgaris». Durant notre enfance, à Cherbourg (50), durant les années 1960, nous allions vers la fin mars en cueillir des bouquets destinés à nos mères et nos instituteurs. Ceux-ci ne les trouvaient pas vulgaires du tout. Signal patent du réchauffement climatique ? La première fleur de cette touffe est apparue entre Noël 2019 et le premier janvier 2020. Dés le premier février de cette même année, la primevère acaule foisonnait sur certains talus du Pays d’Auge. Elle diffère du fameux «coucou» ou primevère élevée en proposant une seule fleur par tige.

COUP DE PROJECTEUR AVANT LE GRIS
Cette vue des Pâtures a été prise le 29 mars 2020, au début de matinée. Alors que le ciel déjà se chargeait de coton gris, le soleil tombait encore un peu des nues. C’était juste avant que la grisaille ne vienne refroidir les corps et les décors. L’éclairagiste des jours est revenu quelques heures plus tard illuminer à nouveau le vert tendre des feuillages naissants. Hélas, confinement oblige, nous n’étions plus là pour en apprécier les bienfaits. En temps ordinaires des chevaux paissent ici, complétant un paysage apaisant.

Patures mars 2020
À Argentan, le site des Pâtures est une zone de prairies humides, longée sur toute sa partie Est par l’Orne et classée Natura 2000. La bio-diversité y est riche. En périodes de pluies intenses cela sert de déversoir et donc de ralentisseur aux crues de l’Orne aidant ainsi à réguler le cours du fleuve. Lorsque l’Orne sort de son lit, le niveau de l’eau dépasse parfois le haut des clôtures. Le lieu ressemble alors à un lac ou s’aventurent parfois des amateurs chevronnés de canoé-kayak.

VRAIE-FAUSSE GLYCINE
C’est fou tout ce qui parvient à trouver sa place dans un jardin de seulement 90 m2. Contre le mur du fond, entre la mente et des groseilliers, pousse une «glycine».

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Celle que ce que nous appelons communément la glycine n’en est en fait pas une. Cette plante grimpante originaire d’Extrême-Orient et d’Amérique du Nord, importée en France au début du XIXe siècle (vers 1816), est une wisteria. Elle avait d’abord été classée à tort parmi les glycines dont fait partie le soja. L’habitude ayant été prise, le premier nom est resté.

La floraison* fait la course avec le déconfinement, les premières grappes sont déjà bien ébauchées. À travers la membrane protégeant encore les fleurs, déjà « le mauve fait ce qu’il peut »1 pour se faire voir.
*avril-mai selon le climat et l’exposition.
1 : Mauve – Maxime Le Forestier. 1973.

LA ROQUETTE C’EST CHOU
Près du grillage, sous la vigne, à la limite Ouest du jardin, dans un bac dit de «permaculture», nous cultivons Eruca sativa alias la roquette.

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À l’instar du chou, la roquette est une «bracicaceae» tout comme le navet, la giroflée, le colza et plus de 4000 autres espèces. Elle fait partie des crucifères, ainsi nommés en raison de la forme de leur fleur. Petite, celle de la roquette mesure entre 20 et 32 mm. Nous avons du visser deux lentilles (X2 + X4) sur notre objectif macro pour en tirer un portrait satisfaisant.

En ce début de printemps, quelques plants ont fleuri. Et oui, la roquette ce n’est pas seulement un paquet de feuilles vendues sous plastique par la supérette du coin.
C’est aussi une assez jolie plante qui peut mesurer jusqu’à 60 cm de hauteur. Celle que l’on cultive soi-même, sans engrais chimique ni pesticide, est succulente et peut même pousser dans un pot sur un balcon.

COUP DE CŒUR
Dans un parterre de notre petit jardin foisonnant, les « cœur de Marie» sont sortis d’hibernation parmi les Iris et les orpins. Il déploient déjà leurs élégantes grappes de fleurs roses et blanches.

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Pour les botanistes, le Cœur de Marie s’appelle (depuis 1997), « lamprocapnos spectabilis ».  Il est, paraît-il, déconseillé de la planter dans les régions aux hivers pluvieux. Ce pied fait pourtant flores dans nos jardins normands depuis des années et il est bien connu que la région n’est pas arrosée seulement par le calvados.

Nous avons bien sur immortalisé cet instant toujours émouvant du début de floraison. Ce n’est cependant pas notre plante qui illustre ce paragraphe. La photo nous a été envoyée par Anne Fromont, notre libraire (lien ci-dessous), elle aussi passionnée de nature, et confinée avec jardin.
Librairie la Curieuse Argentan: https://www.facebook.com/pages/category/Bookstore/Librairie-La-Curieuse-717482728296965/

INSTANT D’ANNÉE AU BORD DU FLEUVE
Lorsque nous allons nous livrer notre «activité physique individuelle des personnes » sur les Pâtures, le bord de l’Orne est bien sur notre partie préférée du site. Le fleuve longe toute la partie Est de la promenade. La photographie ci-dessous montre l’un des aspects de notre virée quotidienne.

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Pour arriver là, il faut gagner le bord à travers arbres et arbustes par un passage pratiqué par les pêcheurs et ignoré de la majorité des promeneurs. C’est un observatoire discret ou il est agréable d’être tout au plus à deux, pour observer le kaléidoscope des reflets changeants sur la surface ridée de l’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CORONAVIRUS À TABAC OUVERT

LES BUREAUX DE TABAC FIGURENT PARMI LES COMMERCES AUTORISÉS DURANT LE CONFINEMENT LIÉ À LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS COVID-19. LE TABAGISME TUE POURTANT CHAQUE ANNÉE, EN FRANCE, PLUSIEURS DIZAINES DE MILLIERS DE PERSONNES. POUR LE MONDE, CE SONT PLUSIEURS MILLIONS. DSC_8266 copie

 Coup de théâtre, le samedi 14 mars 2020 au soir, en raison de la recrudescence de décès attribués au coronavirus (covid-19), le Premier Ministre français, Édouard Philippe, annonce la fermeture de tous les commerces jugés non indispensables. Mais en étudiant la liste des officines autorisées, au côté des pharmacies, nous avons la surprise de trouver… les bureaux de tabac. Venant d’un gouvernement qui prétend se soucier avant tout de la santé de ses administrés, il y a là de quoi surprendre, sinon indigner, qui dispose d’un minimum de bon sens. Pour cause, en France, plus de 70 000 décès par an sont dus à la consommation de tabac. En regard des chiffres mondiaux de l’OMS (voir chapitre ci dessous), même avec un peu plus de 180500 décès répertoriés au 23 avril 2020, pour l’ensemble de la planète, le coronavirus Covid-19 fait encore figure de petit délinquant.

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En 2016, les chiffres officiels annonçaient 73 000 morts annuels dus au tabac en France (75 000 en 2015) soit plus de 6000 morts par mois. En 2018, une étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire Santé publique France Indiquait: «Parmi les 346 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les adultes en France en 2015, 142 000 seraient attribuables aux facteurs de risque étudiés, soit 41% de tous les nouveaux cas de cancer. Le tabac était responsable du plus grand nombre de cas (20%), avec plus de 68 000 nouveaux cas attribuables au tabagisme, toutes localisations confondues ».

HÉCATOMBE ANNUELLE
Le tabac tue jusqu’à la moitié de ceux qui en consomment. À l’échelle mondiale, selon l’OMS ((Organisation Mondiale de la Santé), « le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année.

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«Les coûts économiques du tabagisme sont importants : il s’agit à la fois des coûts substantiels en termes de soins de santé pour le traitement des maladies causées par le tabagisme et du capital humain perdu du fait de la morbidité et de la mortalité imputables au tabac», indique l’Organisation Mondiale de la Santé.

Plus de 7 millions d’entre elles sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée». Face à quoi, il paraît pour le moins incohérent, pour ne pas dire scandaleux, d’autoriser, même hors pandémie, les bureaux de tabac à continuer de diffuser un poison s’attaquant aux voies respiratoires. Le coronavirus menace l’être humain précisément en infectant ces même voies. Les fumeurs risquent bien plus que les non-fumeurs de contracter les formes les plus sévères de la maladie.

 HISTOIRE D’ARGENT ?
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ifficile d’imaginer que les faits évoqués ci-dessus aient échappé aux responsables du pays comme aux scientifiques qui les conseillent. Alors pourquoi n’a-t-on pas fermé les bureaux de tabacs ? Du côté du gouvernement on invoque la distribution de la presse par les buralistes. Sur le web, quelques internautes glosent plutôt sur l’impDSC_8257 copie copieortance des revenus qui seraient ainsi perdus par le gouvernement, sachant que les tabac sont aussi des points de vente des jeux de la Française des Jeux… Le tabac étant une drogue très addictive, on peut aussi imaginer une volonté de préserver la paix sociale en évitant le mal-être et la colère des fumeurs.
LA BONNE RECETTE
S
elon les prévisions de la Commission des Comptes de la Sécurité sociale, avec la hausse du prix du tabac, les recettes fiscales, devraient avoisiner les 13,1 milliards d’euros fin 2020, soit plus de 0,4 milliard d’euro qu’en 2019. Encore ne s’agit-il là que des « droits de consommation sur le tabac » auxquels s’ajoute encore la TVA à 16,64 %. Même sans tomber dans le complotisme, on peut penser que le gouvernement, peu soucieux de priver le budget de la nation de telles recettes, préfère considérer les bureaux de tabac comme des commerces indispensables.

LIENS
Comme d’habitude, nous n’avons nulle prétention à l’exhaustivité sur le sujet. Les informations que nous proposons ne sortent pas de «notre chapeau». Elles sont issues de la consultation de nombreux sites en lien avec ceux cités ci-dessous. Afin de parfaire votre information nous vous invitons à tous les consulter.

Le Monde.fr
https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/14/edouard-philippe-annonce-la-fermeture-de-tous-les-lieux-publics-non-indispensables_6033110_823448.html

Coronavirus Santé Publique France
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/infection-au-nouveau-coronavirus-sars-cov-2-covid-19-france-et-monde

Coronavirus
https://www.pasteur-lille.fr/recherche-medicale/les-thematiques-de-recherche/maladies-infectieuses-et-inflammatoires/coronavirus-

Libération.fr :Les morts dues au tabagisme
https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/04/d-ou-sort-le-chiffre-de-75-000-morts-par-an-dues-au-tabac-en-france_1731312

Femme actuelle.fr : Coronavirus et fumeurs
https://www.femmeactuelle.fr/sante/news-sante/coronavirus-les-fumeurs-risquent-davantage-de-contracter-une-forme-severe-de-covid-19-2091753

Les comptes de la sécurité sociale (voir page 55)

Cliquer pour accéder à CCSS_RAPPORT-SEPT2019-tome%201.pdf

Organisation Mondiale de la Santé : la mortalité due au tabac
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/tobacco

 

 

FAUT-IL NOURRIR LES OISEAUX ?

 

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LE SUJET FAIT PARFOIS POLÉMIQUE, MAIS EN RAISON DE LA DESTRUCTION QUASI QUOTIDIENNE DE LEUR HABITAT NATUREL,  ENGENDRÉE PAR L’INCONSÉQUENCE HUMAINE, PEUT ÊTRE N’Y A-T-IL PAS D’AUTRE CHOIX POUR SAUVER CEUX QUI PEUVENT ENCORE L’ÊTRE.

 À la question faut-il nourrir les oiseaux en hiver ? La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) répond : « En période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué entre la mi-novembre et la fin mars. Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance de la part des jeunes oiseaux de l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes». Ceci vu, reste ensuite à savoir comment les nourrir pour ne pas leur proposer de la «malbouffe» et ne pas les exposer à la convoitise d’éventuels prédateurs.

 POURQUOI NOURRIR LES OISEAUX ?

Les spécialistes des oiseaux sauvages, indiquent que nourrir les oiseaux n’est pas indispensable. Les espèces locales sont adaptées au climat et peuvent trouver leur nourriture par elles même, par exemple sur les arbustes et les buissons. Si cela semble juste, encore faut-il que la végétation sauvage n’aient pas été dévastée par une agriculture intensive ou (et) un urbanisme galopant. S’il n’est pas «indispensable» de nourrir les oiseaux en pays de bocage dense, d’élevage en pâture, dans les régions fortement boisées, ou comprenant de vastes territoires sauvages, cela peut être salvateur dans les grandes plaines céréalières ou dans les zones très urbanisées et industrialisées.

RÉDUCTION ET POLLUTION DES SURFACES NOURRICIÈRES

Lors des remembrements, pour faciliter l‘utilisation de machines de plus en plus monstrueuses sur des surfaces cultivées de plus en plus immenses, des dizaines de milliers de kilomètres de talus et de haies ont été supprimés par les agriculteurs,. Pour augmenter les rendements, des fossés et des mares ont été comblés, l’épandage de pesticides, herbicides et autres produits phytosanitaires surmultiplié. Selon France Inter « En France, l’agriculture répand chaque année plus de 65 000 tonnes de pesticides pour traiter les céréales, la betterave ou encore les vignes. La plupart de ces produits ont des effets directs sur le déclin des oiseaux». L’impact sur la bio diversité est énorme et désastreux notamment pour les oiseaux qui se nourrissent majoritairement de graines de vers et d’insectes. Ils trouvaient dans les haies et les bosquets, une pitance variée autant qu’un abri protecteur. 421 millions d’oiseaux ont disparu depuis les années 1980. Il est, dés lors, assez logique que les espèces survivantes et capables de s’adapter, aient émigré vers les jardins, les parcs, les friches urbaines et les espaces naturels protégés. Malgré le risque éventuel de rencontrer un chat, principal prédateur des oiseaux, elles s’y sentent à juste titre bien plus en sécurité. Hélas, en plein hiver, ces territoires de survie restreints s’avèrent beaucoup moins nourriciers que ne l’était l’habitat naturel. La nourriture que nous leur fournissons compense donc en partie celle que l’être humain a détruite ailleurs.

VITAMINE E

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Tournesol, maïs concassé, arachides…Un mélange commercialisé tout préparé dans un filet non bio dégradable.

Même si les merles raffolent des croutes de fromage mais il est recommandé de ne pas disposer dans les mangeoires de graisse d’origine animale ni de produits lactiques.  L’idéal est de proposer des graines de tournesol, de préférence décortiquées et issues de l’agriculture biologique. Elles sont riches en vitamine E, indispensable à l’embryon pour se développer dans l’œuf. En règle générale un nourrissage hivernal adapté permet aux oiseaux de conserver une bonne condition physique et de mieux et plus se reproduire. Les oiseaux de petites taille préfèreront le maïs concassé, le chanvre ou le millet, tels qu’on les trouve d’ailleurs dans les boules dédiées proposées dans le commerce. On évitera de donner du pain ou même du blé car, à cette saison ceux-ci n’ont pour les oiseaux qu’une faible valeur nutritive.

 

OU ET COMMENT ?

Comme le mentionnent les fabricants sur leurs étiquettes, la nourriture que nous fournissons ne doit bien être qu’un complément d’alimentation. Les oiseaux ne peuvent être nourris que dans les lieux (privés, jardins cours, balcons etc.). L’article L. 1311-2 du Code de la santé publique est formel : en France, dans les lieux publics (rue, parcs), jeter à manger aux animaux sauvages est interdit.

Dans les propriétés privées

Les mangeoires ou les boules doivent être placées en des endroits inaccessibles aux prédateurs. Par exemple, une mangeoire ne s’accroche jamais près d’une branche maitresse ou un félin pourrait prendre appui le temps de «faire ses courses». Les petits oiseaux des jardins ne sont pas lourds et l’on peut donc suspendre des mangeoires légères à des branches assez fines et souples.

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Les filets qui entourent les boules commercialisées s’avèrent assez peu décoratifs.mais permettent à l’oiseau de bien s’accrocher sans souiller la nourriture de ses déjections. Celles-ci peuvent transmettre  d’éventuelles maladies aviaires.

Boules de graisse

On peut aussi installer des mangeoires, en haut de piquets. Les boules commercialisées par diverses marques (jardineries supérettes) sont entourées par des filets de plastique. Inélégants, non biodégradables et très voyants surtout lorsqu’ils sont vides et «oubliés » parterre. Ils sont par contre assez solides pour offrir une bonne accroche aux pattes des oiseaux qui en picorent facilement le contenu, sans pouvoir le souiller de leurs éventuels excréments. Un aspect pratique dont il faut tenir compte lorsque l’on confectionne soi-même une mangeoire. Il est à noter que les rouges-gorges et les merles apprécient beaucoup les trognons de pommes, dont on ne retrouve parfois même plus la queue.

QUAND NOURRIR LES OISEAUX ?

Répétons le début de cet article…Les oiseaux peuvent être nourris lors des périodes de grand froid, entre mi novembre et fin mars, selon les régions et après les premières gelées. Dans tous les cas, la fréquence de remplissage des mangeoires et les quantités placées devront se réduire progressivement à partir du début de mars pour cesser à l’arrivée du printemps. À cette saison, le nourrissage «peut provoquer des perturbations dans le choix du site de nidification […..], un apport excessif de calories peut déclencher prématurément la reproduction.», explique François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse interviewé par le journal Le Temps (voir Liens).

LES RISQUES DU NOURRISSAGE

L’un des principaux risques du nourrissage, pointés par les ornithologues, est la transmission de maladies aviaires, si trop d’individus fréquentent ensemble une même mangeoire. Cette transmission peut aussi s’effectuer sur des outils mal conçus ou les oiseaux peuvent déposer leurs excréments près de la nourriture. Laver régulièrement les mangeoires (eau et savon noir) est une bonne prévention. Un autre risque pointé est l’attirance d’espèces invasives telles que les perruches à collier, par exemple. Des observateurs ont aussi noté que certains migrateurs n’allaient plus au bout de leur périple habituel ayant trouvé abondance de nourriture en chemin.

LIENS

Comme toujours, les informations contenues dans cet article ne sortent pas de notre chapeau. Afin de compléter nos propres constats et observations nous consultons et recoupons le contenu de divers sites et ouvrages.

France Inter

https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-28-septembre-2019

Office National de la chasse et de la Faune Sauvage

http://www.oncfs.gouv.fr/Espace-Presse-Actualites-ru16/Intoxications-d-oiseaux-par-des-semences-traitees-amp

Ligue de Protection des Oiseaux

https://www.lpo.fr/actualite/nourrir-les-oiseaux-de-son-jardin-en-hiver

The Conversation

https://theconversation.com/nourrir-les-oiseaux-en-hiver-ce-que-nous-dit-la-science-

Ouest France

https://www.ouestfrance.fr/leditiondusoir/data/14904/reader/reader.html#!preferred/1/package/14904/

Le Temps

https://www.letemps.ch/sciences/fautil-nourrir-oiseaux-hiver