ÉTRETAT SOUS LA PLUIE

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Étretat,  sa célèbre Falaise d’Aval, son arche  et sa fameuse aiguille vues de la Falaise D’amont. Ce couple de promeneurs ne nous contredira sans doute pas, le site tant apprécié des peintres et des écrivains, n’est pas moins romantique sous le pluie.

LE MERCREDI 10 JUIN 2020, NOUS ÉTIONS A ÉTRETAT. IL PLEUVAIT SUR L’HISTORIQUE CITÉ DE VILLÉGIATURE DE LA CÔTE D’ALBÂTRE.

Depuis des lustres nous voulions voir «en vrai» la fameuse Falaise d’Aval et sa mythique aiguille de calcaire… D’un blanc laiteux strié de gris sale elle baigne dans un camaïeu de bleus gris pour le ciel et de verts bleutés pour la mer. La pluie et le vent se sont ligués pour nous accueillir à Étretat. Si nous souhaitions reproduire le chromo criard des cartes postales proposées par les marchands de souvenirs, c’est raté. Mais cela ne retire rien à la majesté du lieu, bien au contraire. Avec ce temps chagrin, le site s’impose à nous tel que savaient aussi l’apprécier des peintres tels que Jongkind et Monnet, grands admirateurs et promoteurs de l’endroit.

 SURPRENANTS JARDINS
La persistance des intempéries, nous invite à oublier, pour cette fois, l’ascension de la Falaise d’Aval. Nous préférons gagner les Jardins d’Étretat situés sur la Falaise d’Amont. En partant du centre ville à pied, quel que soit le trajet emprunté, le but se mérite. Créé en 2016 sous la direction du paysagiste russe Alexander Grivko à partir du jardin de la Villa Roxelane (1905) ce parc d’environ 1,5 hectare comprend plusieurs jardins thématiques. Chacun d’entre eux est à lui seul une œuvre horticole d’art contemporain. Sur divers points sont installées des sculptures récentes. Les plus connues, sont sans nul doute ces visages de dormeurs , dus à Samuel Salcedo, qui sommeillent dans de douillets édredons de verdure. DSC_9759 copie copieLes œuvres et les feuillages mouillés de pluie captent la moindre éclaircie et le visiteur évolue alors dans un univers bien plus intéressant encore que sous le soleil. Il faudrait pouvoir passer ici plus de temps, y revenir souvent pour appréhender les lieux selon les saisons et les différents éclairages de la journée. Sur place, l’on comprend que la réalisation de ce jardin extraordinaire et sa maintenance ne sont pas une mince affaire. Les travaux auraient coûté aux alentours de 2,5 millions d’euros (voir chapitre Liens). Mais à 9 € par adulte (enfant 7, 20 €), le billet d’entrée, on persiste tout de même à penser que nombre de familles se passeront de cette visite.

 FALAISE D’AMONT
Que les impécunieux se consolent , car là-haut, sur la Falaise d’Amont, à deux pas des onéreux jardins, le panorama sur la ville, la Falaise d’Aval est lui totalement gratuit et accessible en fauteuil roulant. En poursuivant un peu la balade au bord des falaises vers le nord, le promeneur découvre une vue plongeante sur la Porte d’Amont.

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La Porte d’Amont est la plus petite des trois arches perçant les falaises d’Étretat. Ce point de vue est accessible en cheminant un peu sur les arrières de la chapelle dite «Notre-Dame-de-la-Garde».  La plus grande prudence est ici de rigueur, surtout si des enfants nous accompagnent.

Quelle que soit la météo (voir photo d’ouverture), le spectacle naturel est ici grandiose et dépasse de loin ce que pourrait réaliser le plus talentueux des paysagistes, si «bionique» ou «néo-futuriste» soit-il. La chapelle « Notre Dame de la Garde» coiffe le sommet. Elle date de 1950,  celle que les marins d’Étretat avaient édifiée en 1856 (voir Liens) à été détruite par l’occupant nazi en 1942. De loin, sans pour autant y être indispensable, elle participe à la majesté du lieu. De près, son lourd style néo-gothique, évoque plutôt un décor de film d’épouvante. Paysage, faune, flore… Les falaises alentour offrent milles autres sujets d’observation autrement plus réjouissants à contempler.

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Le Sainfoin ou Esparcette Cultivée fait partie des plantes que l’on peut trouver en juin sur les falaises d’Étretat. Nous en avons rencontré plusieurs pieds au sommet de la falaise d’Amont à quelques pas de la chapelle.

 

CENTRE VILLE
Effet de la météo et de l’accueil frigide, en ces temps de déconfinement, la ville même d’Étretat ne nous a pas enthousiasmés. Le tour des façades anciennes ou néo-normandes remarquables est assez vite achevé. Les quartiers proches du front de mer, sont truffés de boutiques assez semblables à celles que l’on peut trouver partout ailleurs dans les station balnéaires sur toutes les côtes de l’hexagone. Un grand nombre d’établissements de bouche ferment le mercredi (et le jeudi !) ou ne servent «plus qu’à boire passé 18 heures ». Nous avons l’impression d’ennuyer les employés retranchés derrière leurs masques et peu enclins à rendre leur élocution intelligible. C’est à ce point que nous envisageons sérieusement de nous ravitailler dans une épicerie et une boulangerie pour diner dans notre très accueillante chambre de l’hôtel Le Donjon. C’est d’ailleurs ce que nous ferons le lendemain soir.

 

FRONT DE MER
Par ce temps très maussade, les rues très encaissées d’Étretat sont en fait assez tristes et sombres. La plupart des visiteurs cherchent la lumière sur la promenade du front de mer. Après tout, ce qu’Étretat possède de plus précieux et dont on ne se lasse pas ce sont ses falaises et ses galets. Hélas à l’extrémité de la promenade, au pied de la Falaise  d’Amont, ont été bâtis des immeubles dépourvus de tout intérêt architectural.

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Des immeubles sans charme ni intérêt architectural défigurent le front de mer d’Étretat et le site de la Falaise d’Amont. Sans doute ont-il rapporté quelques substantiels bénéfices à des promoteurs et des propriétaires immobiliers.

Ces parallélépipèdes de béton en complet désaccord avec le style du reste du centre ville, défigurent ausi le site naturel de la Falaise d’Amont. Bâtis entre les années 1950 et 1980, ou l’on avait pas grande conscience de la préservation du littoral, ils remplacent des édifices de style néo-normand, construits entre la fin du XIXe et 1910 et détruits durant la seconde guerre mondiale, pour faciliter l’édification du fameux «Mur de l’Atlantique». DSC_9814 copie copieSur la promenade, une plaque commémore Georges Bourdon, ex dirigeant du SNJ (syndicat national des journalistes) et indique qu’un jardin lui est consacré. Derrière les vitres sales de la clôture, nous ne voyons ce jour là qu’une misère de mini no man’s land lépreux.
Nous voulons croire qu’un tel abandon est seulement lié à la crise du covid 19 et qu’il a été remédié à cette déchéance depuis.

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Étretat: Le Jardin Georges Bourdon photographié le 10 juin 2020.

OPPORTUNISTES GOÉLANDS
La météo ne s’arrangeant pas, nous nous invitons derrières les vitres de la terrasse couverte d’une crêperie. Correcte, la nourriture proposée n’incite toutefois pas à parcourir des centaines de kilomètres pour s’en régaler. Plus intéressante est l’audace des goélands. À peine sommes nous servis que l’un d’entre eux se pose sur le muret de soutient de la vitre. En habitué de la maison, il sait que derrière le verre il ne risque rien. L’espace entre le bas de l’épaisse vitre et le muret suffit pour que les gens lui glissent quelques subsides.

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Comment obtenir des gros plans d’un goéland en gros plan avec juste un objectif court (zoom 28-80 Nikon)? Facile! Il suffit de s’attabler à la Terrasse d’un restaurant du Front de mer d’Étretat.

Test effectué, ici les goélands mangent avec une voracité époustouflante, aussi bien de la crêpe au Neufchatel ou aux pommes-caramel, qu’aux fruits de mer. «C’est interdit et même passible d’une amende» nous indique le masque de la serveuse. Quelques minutes plus tard, le volatile s’enhardit, entre dans la terrasse en passant sous une bâche latérale. Il (ou elle) fait la tournée des dessous de table et ressort s’installer sur le muret, devant les vitres d’un restaurant contigu. Sur le chemin de l’hôtel, d’autres goélands festoient dans les poubelles des commerces de bouche, attendent devant les restaurants de poisson, se désaltèrent dans les flaques de la rue, se souciant à peine de la circulation automobile. Nous rentrons, le lendemain promet une météo plus radieuse mais nous irons voir Veules les Roses.

 

LIENS
Les Jardins d’Étretat vus par Le Figaro.fr: https://www.lefigaro.fr/jardin/2017/09/01/30008-20170901ARTFIG00034-entre-ciel-et-mer-l-incroyable-jardin-russe-d-etretat.php
Site officiel des jardins d’Étretat: https://etretatgarden.fr/
Le Monde.fr: https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2019/09/25/voyage-impressionniste-sur-la-cote-d-albatre_6013039_4497319.html

VOYAGE AUX CONFINS DES PÂTURES

 

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LES PÂTURES D’ARGENTAN CE N’EST PAS SI VASTE POUR QUE L’ON PUISSE, EN TEMPS ORDINAIRES, PARLER DES LIMITES DU SITE COMME DE « CONFINS». CE TOUT AU MOINS AU SENS MYTHIQUE DE CE MOT TEL QU’IL PEUT SE TROUVER DANS L’ŒUVRE DE JULES VERNE, PAR EXEMPLE. TEL QU’ON L’ENTENDAIT AUSSI À CES ÉPOQUES, PAS SI ANCIENNES, OU LA MAIN DE L’HOMME N’AVAIT PAS ENCORE PARTOUT LAISSÉ SES CANNETTES USAGÉES.

Ainsi, l’Amazonie, le Sahara, l’Himalaya, avaient encore des «confins» quasi inconnus qui faisaient rêver… Mais en ce printemps 2020, nous ne sommes pas en des temps ordinaires, «confinement » oblige notre portée géographique a été rétrécie à la portion «configrue». Tout au long de ce « confinement », nos rêves de voyages ont du pour une durée incertaine se contenter d’explorer des « confins » accessibles dans un rayon de un kilomètre autour de notre domicile. Ceci nous ramène, in fine, à la définition pratique donnée du mot confins par le Larousse : «Parties d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre ». Ainsi vu, cela fait déjà moins rêver et les Pâtures ayant des limites, ont donc bien des « confins ».

 LE SOLEIL, LE VENT ET DES RÊVES…
Lorsque je marche, solitaire, la bas tout au fond des Pâtures, là ou le sentier n’est plus que de terre et d’herbe, me reviennent ces moments estivaux de grande liberté de mon enfance. Je pouvais aller ou bon me semble, pourvu que cela ne soit «pas trop loin de la maison» et que je sois rentré pour goûter.

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Aux «confins» des Pâtures d’Argentan: « là ou le sentier n’est plus que de terre et d’herbe ».

Porté souvent par mes rêveries bien plus loin que prévu, j’avais parfois bien du mal à respecter ces consignes. C’était là bas en Champagne, durant les grandes-vacances. Je partais en « exploration » avec pour seuls guides, le soleil, le vent et mes rêves inspirés par les livres de Vernes, de Defoe, de Wyss ou Mark Twain, les récits des aventures de Stanley et Livingstone, les romans sahariens de Roger Frison-Roche. Un ruisseau m’était alors un fleuve.

DSC_8752 copieAbritée par un bosquet de saules au bord de la Marne, une vieille barque devenait un vapeur ou une «Jangada» sur l’Orénoque, l’Amazone ou le Mississipi. La colline était mon Everest et le petit « Bois des Cosaques », une jungle inextricable. Une ancienne carrière pelée devenait l’Erg des Garamantes. Mon imagination se bricolait des aventures « aux confins » du monde exploré avec les moyens du bord.

 RADIEUSES PARENTHÈSES
Aujourd’hui bien sur, un vieil arbre mort entouré par des roseaux ne m’évoque plus un moai pascuan, ou une statue érigée jadis dans la jungle par une civilisation perdue.

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Je ne me hisse plus dans les ramures des grands arbres en décidant qu’il s’agit du logis des « Robinsons Suisses » ou du séquoia de « L’École des Robinsons ». Il n’y a pas ici de barque sur l’Orne, Ce fleuve, car c’en est tout de même un, n’est même pas toujours navigable pour les canoés-kayaks. Il n’empêche… Tandis que durant cette seule heure de sortie autorisée pour « activité physique » par « le confinement », j’observe la nature revigorée par le soleil printanier, de grandes bouffées de ces vacances campagnardes et heureuses de l’enfance remontent en moi. À cette époque, je rêvais souvent qu’il ne s’agissait pas seulement de radieuses parenthèses entre deux années scolaires passées dans des HLM entourés de béton. Je rêvais que nous quittions ces maudites cités pour vivre toute l’année en pleine campagne et au bord de la mer, dans un endroit vaste et calme ou tout comme ici sur les Pâtures, la nature nettoie le regard et fait voyager l’esprit.

 

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT (2e suite)

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En ce moment en Normandie, les pommiers fleurissent. Celui ci vit à Argentan sur le site  des Fontaines. Situé au bord du fleuve l’Orne, ce lieu de promenade  permet aussi d’aller faire ses courses en vélo en évitant de passer en ville. Oiseaux, batraciens, lézards, arbres, c’est à quelques centaines de mètres du centre ville un endroit riche en bio-diversité.

QUARANTE SEPTIÈME JOUR DE CONFINEMENT!  SI LES HUMAINS SONT CONFINÉS, « DAME NATURE », ELLE, NE L’EST PAS. AUBÉPINE, BOUTONS D’OR, PISSENLITS, LILAS, POMMIERS, IRIS… EN CE PRINTEMPS SOLAIRE, DANS LES JARDINS, LES PRÉS, LES FORÊTS, LA VÉGÉTATION FAIT FLORÈS DE TOUTES SES FEUILLES ET SES PÉTALES.
SAURONT NOUS, « APRÈS », MESURER LA VRAIE VALEUR DE TOUT CELA?

Tant qu’il y aura des personnes confinées, nous continuerons cette série d’articles intitulée « Les Fleurs du Confinement ». Pour rappel, l’idée directrice est d’offrir des fleurs à ceux de nos concitoyens qui n’ont pas, comme nous, la possibilité de profiter tant d’un jardin que d’espaces de verdure accessibles à moins d’un kilomètre de leur domicile. S’il est bien une leçon à tirer de cette pénible période, c’est de mesurer à quel point, tous, y compris ceux qui prétendent ne pas aimer la nature, nous avons un réel besoin physiologique de ces lieux qui aèrent le regard, élargissent nos horizons tant physiques que spirituels.

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Sur le site des Pâtures à Argentan, la biodiversité est des plus étonnante. Cette fleur est celle de l’Alliaire Officinale ou Alliaria Petiolata, une plante comestible dont les feuilles se mangent hachées et dont les graines peuvent remplacer la moutarde. Cette crucifère (forme de la fleur) est de la même famille (les bracicacées) que le chou et la roquette.

«MOINS D’ANXIÉTÉ, DE DÉPRESSION ET DE STRESS…»
« Plusieurs études suggèrent que les espaces verts urbains sont associés à une meilleure santé auto-rapportée et diagnostiquée, un meilleur niveau d’activité physique, un moindre taux de mortalité, moins de symptômes psychologiques, moins d’anxiété, de dépression et de stress, et un niveau de cohérence sociale plus important. De plus, quelques études suggèrent que ces liens sont plus forts parmi les groupes de la population les plus désavantagés». Indique l’Institut National de Santé du Québec* dans un article web très documenté et faisant état de nombreuses études internationales européennes et américaines.

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Lorsque l’Iris s’ouvre… Quel excellent antistress que de pouvoir contempler une telle beauté. Ce moment du début de la floraison de l’Iris (ici une variété cultivée dans notre jardin) ne dure que quelques heures avant que la fleur s’épanouisse pleinement.  Cette variété est assez répandue dans les parcs paysagés comportant des points d’eau. Encore faut-il pouvoir y accéder. Avec le confinement, beaucoup trop de personnes sont hélas privées du printemps.

Ce lisant, notre pensée va aux nombreux voisins du Parc Jean Moulin (Parc des Guilands) à Montreuil (93-Seine-Saint-Denis). Tous n’ont pas, loin s’en faut, un jardin personnel pour en compenser la fermeture. L’endroit étant entouré de plusieurs grandes cités, on peut se dire dans un premier temps, que compte tenu du nombre de personnes susceptibles de le fréquenter durant cette pandémie, le mètre minimum sécuritaire pourrait ne pas y être respecté. Vu sous cet angle, dans l’urgence, ce parc devait donc être fermé quitte à imposer un vrai supplice de Tantale aux personnes qui habitent les immenses immeubles qui le bordent et voient cet oasis inaccessible juste sous leurs fenêtres.

UTOPIE
Dans un second temps, une réflexion plus mature nous amène cependant à nous demander pourquoi il n’est pas plus grand, et pourquoi on a autant construit autour. Ce qui conduit aussi à réfléchir sur la nécessité de repenser les villes, d’y agrandir et multiplier ces espaces de nature indispensables à la santé publique. On peut même aller plus loin dans l’utopie en imaginant que l’on pourrait répartir la surpopulation de toutes ces villes dans toutes les petites agglomérations, de province qui se dépeuplent. Cela, bien sur, demanderait une réorganisation profonde de la société (production, commerce, transport, infrastructures de santé) et surtout une révision radicale de l’éducation et de l’instruction que l’on y propage actuellement.

VERS LE MONDE D’APRÈS ?

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Vert… Le monde d’après?  C’est indispensable mais déjà les industriels, tout au moins ceux qui sont regroupés sous la bannière du MEDEF, demandent un moratoire sur les mesures environnementales.                                                                                                               https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-le-medef-souhaite-un-moratoire-sur-des-lois-environnementales_3930599.html

S’exprimant dans la presse, sur les radios, à la télévision, d’aucuns veulent croire qu’à la sortie de cette alerte qui paraît plus inquiétante encore que les précédentes (Tchernobyl, Fukushima, les incendies de Californie, d’Australie, d’Amazonie, d’Europe…) des changements forts s’amorceront. Que le monde d’«après» ne sera plus comme celui d’«avant». D’accord! Mais pour que cela soit, pour qu’enfin cesse cette fuite en avant vers la destruction de l’humanité, il va falloir « en un combat douteux** » vaincre bien des égoïsmes, des mégalomanies, des cupidités, des machismes même, et toutes autres sortes de maladies mentales dont sont affligés les maniaques du pouvoir et de la finance. Des maladies, l’histoire nous l’a appris, bien plus tueuses que le coronavirus. Comme nous le disons en Normandie lorsque la tâche paraît insurmontable « Eh ben bon d’lâ de bon souère ! Nos é point rendus! »***

 *https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1274_EspacesVertsUrbainsSante.pdf
** Titre d’un roman de John Steinbeck relatant une grève ouvrière dans les années 1930
*** Bon sang de bonsoir ! Nous sommes encore loin d’être arrivés !

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT (suite)

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Ainsi ouverte à tous les pollinisateurs, cette variété de tulipe cultivée, reprend une forme florale plus proche de celle de la tulipe sauvage (Tulipa sylvestris) qui produit essentiellement des fleurs jaunes .

Caltha des marais, lamiers blancs ou pourpres, tulipes… dans le jardin ou sur le site des Pâtures d’Argentan, au printemps, chaque jour de nouvelles plantes nous offrent leur début floraison tandis que celle des autres s’épanouit et évolue vers la fructification.

Cela s’apprend dans les écoles de journalisme, quand un article web est trop long à dérouler, à quelques exceptions près, les «web lecteurs » ne vont pas jusqu’au bout ou ne lisent pas tout. Face à ce « Grand vent de fleurs »1, qui souffle sur ce printemps 2020 nous avons donc décidé de réaliser une suite pour continuer à vous faire rencontrer plus facilement nos nouvelles découvertes. Le Covid 19 ayant décidé de jouer ses mortelles prolongations, quelques autres suites seront probablement publiées.

1 : titre exact du roman de Jeanine Montupet : Dans un grand vent de fleurs (éd : Robert Laffont 2008).

GÉNÉREUSE PIVOINE
La pivoine arbustive dont le bouton orne le début des « Fleurs du Confinement » (1er article*) offre maintenant de lourdes fleurs roses aux senteurs envoûtantes.

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Voluptueuse et lourde, la fleur de notre pivoine arbustive (ou pivoine arborescente), peut mesurer jusqu’à 18 cm de diamètre. Les premiers exemplaires de ces arbustes sont parvenus en Europe et plus précisément en Angleterre, en 1787, mais ils sont cultivés en Chine à partir d’espèces sauvages (aujourd’hui très rares) au moins depuis le IVe siècle (après J.C.)

Chaque année, cet arbuste prodigue sa floraison avec munificence. Pour alléger un peu les branches, nous faisons des bouquets fort appréciés par nos amis et nos voisins.
*https://letatdeslieux.blog/2020/03/31/les-fleurs-du-confinement/

ROBERT LE ROUGE
Dans le pot des bambous, ceux des tulipes et du petit chêne, au pied des lilas, derrière le bac à compost… Avec sa jolie petite fleur rose, cette plante sauvage, pour le moins vivace et intrusive, s’invite partout dans le jardin comme dans la nature.

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La fleur rose du géranium robertianum mesure entre 1 et 2 cm de diamètre. Le nom robertianum est lié à la couleur de ses feuilles qui rougissent en vieillissant. Malgré une odeur assez désagréable, l’herbe à Robert est une plante fort appréciée de la pharmacopée traditionnelle qui lui prête de nombreuses vertus. Comestibles, ses jeunes feuilles ont un goût assez amer et astringent mais sont riches en vitamines. La famille des géraniacées comptent environ 800 espèces dont 430 dans le genre géranium.

Son nom vernaculaire le plus connu est «l’herbe à Robert», son nom botanique est géranium robertianum. Cela n’est pas criant à le voir, mais il appartient bien à la même famille (les géraniacées) que tous ces géraniums « domestiques» et calibrés que l’on voit, alignés en rang d’oignon dans les jardinières, «courir à longueur de balcon*».
*« Les boules de gommes » Chanson chantée par Régine (album: Régine 1969).

HELLÉBORE À BORD
Un parterre sépare la terrasse de bois de la pelouse de notre jardin. Une dernière hellébore y propose sa floraison tardive… Elle fait partie d’un petit massif dont toutes les fleurs, seules à avoir égayé le jardin en hiver, ont déjà toutes verdi. La formation des gousses de graine y est déjà bien avancée.

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Du blanc au noir en passant par des roses ou des pourpres allant du lavé au très soutenu, la plupart des variétés cultivées relèvent du genre hellébore noir, helleborus niger pour les intimes. Ces belles vivaces fleurissent de novembre à mars et résistent au gel jusqu’à -28°. Très rare, la plante sauvage originelle provient des Alpes où elle est aujourd’hui protégée.

Une recherche dans un guide* nous apprend que la « rose de Noël » est « utilisée pour la fabrication de poudres à éternuer ». En ce début de printemps, sa toxicité (présence de digitaline) ne semble pourtant pas déranger les pucerons.

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En fin de floraison ( mi mars ), la fleur de l’hellébore se met au vert et forme les gousses qui contiennent les graines.  Celles-ci germent assez aisément si les semis s’effectuent, entre aout et septembre, dès leur maturité. Une atmosphère humide et ombragée est recommandée.

Si nous n’y mettons bon ordre en pulvérisant du savon noir liquide (dilué dans 70% d’eau), ils attaqueront ensuite le feuillage et les boutons naissants des véritables rosiers.

* Quelle est donc cette fleur ? Editions Fernand Nathan 1985.

 

LAMIER LE BIENFAITEUR
Parmi la riche biodiversité des Pâtures d’Argentan, fleurit en ce moment le Lamier blanc. Comme beaucoup de non-connaisseurs, nous avons longtemps pensé que cette plante était une variété d’ortie dont le mérite est de pas piquer. Ne nous l’avait-on pas depuis l’enfance indiquée comme étant l’ « ortie blanche ».

DSC_8634 copiePourtant le lamier blanc n’appartient pas du tout à la famille des urticacées. «Lamnium album », pour les botanistes, relève de la famille des lamiacées. La ressemblance de ses feuilles avec celles de l’ortie est, certes troublante, mais ses fleurs blanches et sa tige de section quadrangulaire permettent de le distinguer sans équivoque.

Multifonction
Depuis l’antiquité, il est apprécié par les herboristes qui lui prêtent des vertus médicinales assez diverses, pour ne pas dire hétéroclites. Selon le guide Belin1, il s‘utilise « en application pour lutter contre les pellicules ». Un autre 2 nous révèle qu’il traite les inflammations des voies respiratoires et digestives. Il aiderait à soigner les infections de la muqueuse vaginale, les hémorragies de l’utérus, les insuffisances urinaires (diurétique) et est utilisé contre la goutte et pour la guérison des plaies (vulnéraire). Enfin il est comestible et  se consomme en salade (feuilles et têtes fleuries) ou cuit comme des épinards (feuilles).
1 «Indispensable guide des fleurs sauvages » Éditions Belin 2016
2 « Quelle est donc cette fleur ? » Éditions Fernand Nathan 198

 

 

LES FLEURS DU CONFINEMENT

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Sur le site des Pâtures, quelques fleurs du cerisier situé près du petit pont de bois.

JONQUILLES, FICAIRES, VIOLETTES, MUSCARIS, PERVENCHES, ANÉMONES DES BOIS, PRIMEVÈRES, CARDAMINES DES PRÈS…
DURANT LE «GRAND CONFINEMENT», DANS LES JARDINS COMME SUR LES LIEUX  DE PROMENADE ENCORE AUTORISÉS, LA FLORAISON PRINTANIÈRE CONTINUE.

 À l’État des Lieux nous mesurons à sa juste valeur la chance d’habiter dans une petite ville et d’y profiter d’un petit jardin urbain d’environ 90 m2 . À quelques centaines de mètres, de la maison se trouve un vaste site de promenade baptisé « Les Pâtures » et classé « Espace Naturel Sensible ».

Dans le jardin déjà, les poiriers fleurissent, les boutons de la pivoine arbustive dévoilent peu à peu son rose puissant. Au pied de ces «géants » vit tout un petit peuple de jacinthes, de narcisses, de muscaris, de violettes des bois, de primevères sauvages ou de culture. Les abeilles solitaires et quelques jolis paons de jour profitent de l’aubaine. Les mésanges, les rouge gorges, les merles, les tourterelles, viennent aussi dévorer les miettes et les trognons de pomme que nous plaçons dans les parterres.

Sur les Pâtures, par beau temps, le feu d’artifice neigeux du prunelier et de l’aubépine éclate sur l’azur du ciel ensoleillé. Près du petit pont de bois, un cerisier resplendit. Viorne aubier, noisetier, prunellier, fusain, sureau, partout le vert tendre des jeunes feuilles émerge des bourgeons.

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Derrière cette haie de pruneliers et d’aubépine, coule le fleuve l’Orne. Le sentier dit des Pâtures offre la possibilité de se promener une bonne heure. La boucle totale mesure 2,18 km. En cette période de confinement, pourvu de n’habiter pas trop loin, cet «Espace Naturel Sensible» permet, dans la journée, une balade apaisante.

« La vie est là simple et tranquille », disait Paul Verlaine. Notre pensée va à tous ceux qui, confinés dans les métropoles et de petits appartements, loin de tout lieu de nature, n’ont plus même accès à aucun coin de verdure, les parcs publiques leur étant interdits. Pour avoir longtemps travaillé à Paris et Montreuil, nous savons combien la privation doit être difficile à vivre pour qui doit occuper des enfants. En attendant des jours meilleurs, nous vous offrons ces quelques fleurs fraîchement photographiées. Des images légendées seront ajoutées régulièrement en attendant la fin de ce marasme.

LA PIVOINE ARBUSTIVE

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Lorsqu’elle est épanouie, cette fleur est un luxe de volupté, mais en ce frileux début de printemps, les boutons se gardent encore de trop dévoiler. Pour les botanistes, elle s’appelle Paeonia suffruticosa ou Pivoine « Moutan ». Les ancêtres des nombreux cultivars de nos parcs et jardins sont originaires de Chine et, plus précisément, de l’Himalaya. La pleine floraison officie en temps ordinaire de mai à juillet. Cependant, depuis quelques années, nous avons constaté une floraison de plus en plus précoce. Ainsi que divers pied de pivoines herbacées, l’arbuste faisait partie depuis des lustres déjà des habitants du jardin lorsque nous avons acquis cette maison il y a vingt ans. La pivoine peut vivre très longtemps lorsqu’elle se plait là où elle a été plantée.

PROMESSE DE FRUITS

DSC_8353 copie.jpgLes poiriers aussi habitaient là bien avant nous. Chaque printemps, c’est un véritable ravissement que de voir les bourgeons s’ouvrir et les arbres se couvrir de fleurs blanches. En théorie chacune d’entre elles pourrait devenir un fruit. Mais même si l’un des deux arbres est un adepte du productivisme, tous les fruits formés sont loin de parvenir à maturité. Malgré tout, à la fin de chaque été, voisins et amis profitent de généreux surplus, les pots de confiture surchargeant déjà les étagères de la cuisine.

SURPRENANTE  NARCISSE
Même sans le miroir d’un plan d’eau pour s’admirer, les narcisses se plaisent dans ce jardin. Des narcisses jaunes, proches de la jonquille des bois,  voisinent avec des cultivars à l’aspect plus sophistiqué. L’étonnante « Double Tahiti », photographiée ci-dessous, descend d’un pied disparu de l’endroit ou nous l’avions planté quelques années auparavant.DSC_8343 copie.jpg Longtemps, seul le feuillage a transpercé la pelouse sans que nous sachions à quoi pouvait bien ressembler la fleur. Les botanistes répertorient au moins cinquante espèces sauvages appartenant au genre narcisse. Hybrides et autres croisements élaborés à partir des précédentes, les cultivars sont nombreux et variés.

OPPORTUNISTES MUSCARIS
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Dans ce jardin, les muscaris poussent un peu où bon leur semblent, selon l’endroit où se sont posées les petites graines noires, issues des premiers bulbes plantés par nos soins. Près du poirier, est d’abord apparue une seule tige florale. Quelques années plus tard la famille s’est quelque peu agrandie. Ils ont parfois aussi voyagé avec le compost, ou un peu de terre collée sous les semelles. Cette vivace de la famille des liliacées est une proche parente de la jacinthe sauvage, endémique des sous bois de nos régions. Appelé aussi «jacinthe à grappes », le muscari courant de nos jardins serait originaire du Caucase et de la Turquie. Les jardineries proposent parfois des variétés de muscaris blanches, roses ou d’un bleu plus clair et plus vif.

PRIMEVÈRE ACAULE

DSC_8186 copie.jpgLes botanistes la disent « commune» ou « primula vulgaris». Durant notre enfance, à Cherbourg (50), durant les années 1960, nous allions vers la fin mars en cueillir des bouquets destinés à nos mères et nos instituteurs. Ceux-ci ne les trouvaient pas vulgaires du tout. Signal patent du réchauffement climatique ? La première fleur de cette touffe est apparue entre Noël 2019 et le premier janvier 2020. Dés le premier février de cette même année, la primevère acaule foisonnait sur certains talus du Pays d’Auge. Elle diffère du fameux «coucou» ou primevère élevée en proposant une seule fleur par tige.

COUP DE PROJECTEUR AVANT LE GRIS
Cette vue des Pâtures a été prise le 29 mars 2020, au début de matinée. Alors que le ciel déjà se chargeait de coton gris, le soleil tombait encore un peu des nues. C’était juste avant que la grisaille ne vienne refroidir les corps et les décors. L’éclairagiste des jours est revenu quelques heures plus tard illuminer à nouveau le vert tendre des feuillages naissants. Hélas, confinement oblige, nous n’étions plus là pour en apprécier les bienfaits. En temps ordinaires des chevaux paissent ici, complétant un paysage apaisant.

Patures mars 2020
À Argentan, le site des Pâtures est une zone de prairies humides, longée sur toute sa partie Est par l’Orne et classée Natura 2000. La bio-diversité y est riche. En périodes de pluies intenses cela sert de déversoir et donc de ralentisseur aux crues de l’Orne aidant ainsi à réguler le cours du fleuve. Lorsque l’Orne sort de son lit, le niveau de l’eau dépasse parfois le haut des clôtures. Le lieu ressemble alors à un lac ou s’aventurent parfois des amateurs chevronnés de canoé-kayak.

VRAIE-FAUSSE GLYCINE
C’est fou tout ce qui parvient à trouver sa place dans un jardin de seulement 90 m2. Contre le mur du fond, entre la mente et des groseilliers, pousse une «glycine».

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Celle que ce que nous appelons communément la glycine n’en est en fait pas une. Cette plante grimpante originaire d’Extrême-Orient et d’Amérique du Nord, importée en France au début du XIXe siècle (vers 1816), est une wisteria. Elle avait d’abord été classée à tort parmi les glycines dont fait partie le soja. L’habitude ayant été prise, le premier nom est resté.

La floraison* fait la course avec le déconfinement, les premières grappes sont déjà bien ébauchées. À travers la membrane protégeant encore les fleurs, déjà « le mauve fait ce qu’il peut »1 pour se faire voir.
*avril-mai selon le climat et l’exposition.
1 : Mauve – Maxime Le Forestier. 1973.

LA ROQUETTE C’EST CHOU
Près du grillage, sous la vigne, à la limite Ouest du jardin, dans un bac dit de «permaculture», nous cultivons Eruca sativa alias la roquette.

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À l’instar du chou, la roquette est une «bracicaceae» tout comme le navet, la giroflée, le colza et plus de 4000 autres espèces. Elle fait partie des crucifères, ainsi nommés en raison de la forme de leur fleur. Petite, celle de la roquette mesure entre 20 et 32 mm. Nous avons du visser deux lentilles (X2 + X4) sur notre objectif macro pour en tirer un portrait satisfaisant.

En ce début de printemps, quelques plants ont fleuri. Et oui, la roquette ce n’est pas seulement un paquet de feuilles vendues sous plastique par la supérette du coin.
C’est aussi une assez jolie plante qui peut mesurer jusqu’à 60 cm de hauteur. Celle que l’on cultive soi-même, sans engrais chimique ni pesticide, est succulente et peut même pousser dans un pot sur un balcon.

COUP DE CŒUR
Dans un parterre de notre petit jardin foisonnant, les « cœur de Marie» sont sortis d’hibernation parmi les Iris et les orpins. Il déploient déjà leurs élégantes grappes de fleurs roses et blanches.

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Pour les botanistes, le Cœur de Marie s’appelle (depuis 1997), « lamprocapnos spectabilis ».  Il est, paraît-il, déconseillé de la planter dans les régions aux hivers pluvieux. Ce pied fait pourtant flores dans nos jardins normands depuis des années et il est bien connu que la région n’est pas arrosée seulement par le calvados.

Nous avons bien sur immortalisé cet instant toujours émouvant du début de floraison. Ce n’est cependant pas notre plante qui illustre ce paragraphe. La photo nous a été envoyée par Anne Fromont, notre libraire (lien ci-dessous), elle aussi passionnée de nature, et confinée avec jardin.
Librairie la Curieuse Argentan: https://www.facebook.com/pages/category/Bookstore/Librairie-La-Curieuse-717482728296965/

INSTANT D’ANNÉE AU BORD DU FLEUVE
Lorsque nous allons nous livrer notre «activité physique individuelle des personnes » sur les Pâtures, le bord de l’Orne est bien sur notre partie préférée du site. Le fleuve longe toute la partie Est de la promenade. La photographie ci-dessous montre l’un des aspects de notre virée quotidienne.

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Pour arriver là, il faut gagner le bord à travers arbres et arbustes par un passage pratiqué par les pêcheurs et ignoré de la majorité des promeneurs. C’est un observatoire discret ou il est agréable d’être tout au plus à deux, pour observer le kaléidoscope des reflets changeants sur la surface ridée de l’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CORONAVIRUS À TABAC OUVERT

LES BUREAUX DE TABAC FIGURENT PARMI LES COMMERCES AUTORISÉS DURANT LE CONFINEMENT LIÉ À LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS COVID-19. LE TABAGISME TUE POURTANT CHAQUE ANNÉE, EN FRANCE, PLUSIEURS DIZAINES DE MILLIERS DE PERSONNES. POUR LE MONDE, CE SONT PLUSIEURS MILLIONS. DSC_8266 copie

 Coup de théâtre, le samedi 14 mars 2020 au soir, en raison de la recrudescence de décès attribués au coronavirus (covid-19), le Premier Ministre français, Édouard Philippe, annonce la fermeture de tous les commerces jugés non indispensables. Mais en étudiant la liste des officines autorisées, au côté des pharmacies, nous avons la surprise de trouver… les bureaux de tabac. Venant d’un gouvernement qui prétend se soucier avant tout de la santé de ses administrés, il y a là de quoi surprendre, sinon indigner, qui dispose d’un minimum de bon sens. Pour cause, en France, plus de 70 000 décès par an sont dus à la consommation de tabac. En regard des chiffres mondiaux de l’OMS (voir chapitre ci dessous), même avec un peu plus de 180500 décès répertoriés au 23 avril 2020, pour l’ensemble de la planète, le coronavirus Covid-19 fait encore figure de petit délinquant.

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En 2016, les chiffres officiels annonçaient 73 000 morts annuels dus au tabac en France (75 000 en 2015) soit plus de 6000 morts par mois. En 2018, une étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire Santé publique France Indiquait: «Parmi les 346 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les adultes en France en 2015, 142 000 seraient attribuables aux facteurs de risque étudiés, soit 41% de tous les nouveaux cas de cancer. Le tabac était responsable du plus grand nombre de cas (20%), avec plus de 68 000 nouveaux cas attribuables au tabagisme, toutes localisations confondues ».

HÉCATOMBE ANNUELLE
Le tabac tue jusqu’à la moitié de ceux qui en consomment. À l’échelle mondiale, selon l’OMS ((Organisation Mondiale de la Santé), « le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année.

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«Les coûts économiques du tabagisme sont importants : il s’agit à la fois des coûts substantiels en termes de soins de santé pour le traitement des maladies causées par le tabagisme et du capital humain perdu du fait de la morbidité et de la mortalité imputables au tabac», indique l’Organisation Mondiale de la Santé.

Plus de 7 millions d’entre elles sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée». Face à quoi, il paraît pour le moins incohérent, pour ne pas dire scandaleux, d’autoriser, même hors pandémie, les bureaux de tabac à continuer de diffuser un poison s’attaquant aux voies respiratoires. Le coronavirus menace l’être humain précisément en infectant ces même voies. Les fumeurs risquent bien plus que les non-fumeurs de contracter les formes les plus sévères de la maladie.

 HISTOIRE D’ARGENT ?
D
ifficile d’imaginer que les faits évoqués ci-dessus aient échappé aux responsables du pays comme aux scientifiques qui les conseillent. Alors pourquoi n’a-t-on pas fermé les bureaux de tabacs ? Du côté du gouvernement on invoque la distribution de la presse par les buralistes. Sur le web, quelques internautes glosent plutôt sur l’impDSC_8257 copie copieortance des revenus qui seraient ainsi perdus par le gouvernement, sachant que les tabac sont aussi des points de vente des jeux de la Française des Jeux… Le tabac étant une drogue très addictive, on peut aussi imaginer une volonté de préserver la paix sociale en évitant le mal-être et la colère des fumeurs.
LA BONNE RECETTE
S
elon les prévisions de la Commission des Comptes de la Sécurité sociale, avec la hausse du prix du tabac, les recettes fiscales, devraient avoisiner les 13,1 milliards d’euros fin 2020, soit plus de 0,4 milliard d’euro qu’en 2019. Encore ne s’agit-il là que des « droits de consommation sur le tabac » auxquels s’ajoute encore la TVA à 16,64 %. Même sans tomber dans le complotisme, on peut penser que le gouvernement, peu soucieux de priver le budget de la nation de telles recettes, préfère considérer les bureaux de tabac comme des commerces indispensables.

LIENS
Comme d’habitude, nous n’avons nulle prétention à l’exhaustivité sur le sujet. Les informations que nous proposons ne sortent pas de «notre chapeau». Elles sont issues de la consultation de nombreux sites en lien avec ceux cités ci-dessous. Afin de parfaire votre information nous vous invitons à tous les consulter.

Le Monde.fr
https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/14/edouard-philippe-annonce-la-fermeture-de-tous-les-lieux-publics-non-indispensables_6033110_823448.html

Coronavirus Santé Publique France
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/infection-au-nouveau-coronavirus-sars-cov-2-covid-19-france-et-monde

Coronavirus
https://www.pasteur-lille.fr/recherche-medicale/les-thematiques-de-recherche/maladies-infectieuses-et-inflammatoires/coronavirus-

Libération.fr :Les morts dues au tabagisme
https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/04/d-ou-sort-le-chiffre-de-75-000-morts-par-an-dues-au-tabac-en-france_1731312

Femme actuelle.fr : Coronavirus et fumeurs
https://www.femmeactuelle.fr/sante/news-sante/coronavirus-les-fumeurs-risquent-davantage-de-contracter-une-forme-severe-de-covid-19-2091753

Les comptes de la sécurité sociale (voir page 55)

Cliquer pour accéder à CCSS_RAPPORT-SEPT2019-tome%201.pdf

Organisation Mondiale de la Santé : la mortalité due au tabac
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/tobacco

 

 

FAUT-IL NOURRIR LES OISEAUX ?

 

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LE SUJET FAIT PARFOIS POLÉMIQUE, MAIS EN RAISON DE LA DESTRUCTION QUASI QUOTIDIENNE DE LEUR HABITAT NATUREL,  ENGENDRÉE PAR L’INCONSÉQUENCE HUMAINE, PEUT ÊTRE N’Y A-T-IL PAS D’AUTRE CHOIX POUR SAUVER CEUX QUI PEUVENT ENCORE L’ÊTRE.

 À la question faut-il nourrir les oiseaux en hiver ? La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) répond : « En période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué entre la mi-novembre et la fin mars. Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance de la part des jeunes oiseaux de l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes». Ceci vu, reste ensuite à savoir comment les nourrir pour ne pas leur proposer de la «malbouffe» et ne pas les exposer à la convoitise d’éventuels prédateurs.

 POURQUOI NOURRIR LES OISEAUX ?

Les spécialistes des oiseaux sauvages, indiquent que nourrir les oiseaux n’est pas indispensable. Les espèces locales sont adaptées au climat et peuvent trouver leur nourriture par elles même, par exemple sur les arbustes et les buissons. Si cela semble juste, encore faut-il que la végétation sauvage n’aient pas été dévastée par une agriculture intensive ou (et) un urbanisme galopant. S’il n’est pas «indispensable» de nourrir les oiseaux en pays de bocage dense, d’élevage en pâture, dans les régions fortement boisées, ou comprenant de vastes territoires sauvages, cela peut être salvateur dans les grandes plaines céréalières ou dans les zones très urbanisées et industrialisées.

RÉDUCTION ET POLLUTION DES SURFACES NOURRICIÈRES

Lors des remembrements, pour faciliter l‘utilisation de machines de plus en plus monstrueuses sur des surfaces cultivées de plus en plus immenses, des dizaines de milliers de kilomètres de talus et de haies ont été supprimés par les agriculteurs,. Pour augmenter les rendements, des fossés et des mares ont été comblés, l’épandage de pesticides, herbicides et autres produits phytosanitaires surmultiplié. Selon France Inter « En France, l’agriculture répand chaque année plus de 65 000 tonnes de pesticides pour traiter les céréales, la betterave ou encore les vignes. La plupart de ces produits ont des effets directs sur le déclin des oiseaux». L’impact sur la bio diversité est énorme et désastreux notamment pour les oiseaux qui se nourrissent majoritairement de graines de vers et d’insectes. Ils trouvaient dans les haies et les bosquets, une pitance variée autant qu’un abri protecteur. 421 millions d’oiseaux ont disparu depuis les années 1980. Il est, dés lors, assez logique que les espèces survivantes et capables de s’adapter, aient émigré vers les jardins, les parcs, les friches urbaines et les espaces naturels protégés. Malgré le risque éventuel de rencontrer un chat, principal prédateur des oiseaux, elles s’y sentent à juste titre bien plus en sécurité. Hélas, en plein hiver, ces territoires de survie restreints s’avèrent beaucoup moins nourriciers que ne l’était l’habitat naturel. La nourriture que nous leur fournissons compense donc en partie celle que l’être humain a détruite ailleurs.

VITAMINE E

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Tournesol, maïs concassé, arachides…Un mélange commercialisé tout préparé dans un filet non bio dégradable.

Même si les merles raffolent des croutes de fromage mais il est recommandé de ne pas disposer dans les mangeoires de graisse d’origine animale ni de produits lactiques.  L’idéal est de proposer des graines de tournesol, de préférence décortiquées et issues de l’agriculture biologique. Elles sont riches en vitamine E, indispensable à l’embryon pour se développer dans l’œuf. En règle générale un nourrissage hivernal adapté permet aux oiseaux de conserver une bonne condition physique et de mieux et plus se reproduire. Les oiseaux de petites taille préfèreront le maïs concassé, le chanvre ou le millet, tels qu’on les trouve d’ailleurs dans les boules dédiées proposées dans le commerce. On évitera de donner du pain ou même du blé car, à cette saison ceux-ci n’ont pour les oiseaux qu’une faible valeur nutritive.

 

OU ET COMMENT ?

Comme le mentionnent les fabricants sur leurs étiquettes, la nourriture que nous fournissons ne doit bien être qu’un complément d’alimentation. Les oiseaux ne peuvent être nourris que dans les lieux (privés, jardins cours, balcons etc.). L’article L. 1311-2 du Code de la santé publique est formel : en France, dans les lieux publics (rue, parcs), jeter à manger aux animaux sauvages est interdit.

Dans les propriétés privées

Les mangeoires ou les boules doivent être placées en des endroits inaccessibles aux prédateurs. Par exemple, une mangeoire ne s’accroche jamais près d’une branche maitresse ou un félin pourrait prendre appui le temps de «faire ses courses». Les petits oiseaux des jardins ne sont pas lourds et l’on peut donc suspendre des mangeoires légères à des branches assez fines et souples.

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Les filets qui entourent les boules commercialisées s’avèrent assez peu décoratifs.mais permettent à l’oiseau de bien s’accrocher sans souiller la nourriture de ses déjections. Celles-ci peuvent transmettre  d’éventuelles maladies aviaires.

Boules de graisse

On peut aussi installer des mangeoires, en haut de piquets. Les boules commercialisées par diverses marques (jardineries supérettes) sont entourées par des filets de plastique. Inélégants, non biodégradables et très voyants surtout lorsqu’ils sont vides et «oubliés » parterre. Ils sont par contre assez solides pour offrir une bonne accroche aux pattes des oiseaux qui en picorent facilement le contenu, sans pouvoir le souiller de leurs éventuels excréments. Un aspect pratique dont il faut tenir compte lorsque l’on confectionne soi-même une mangeoire. Il est à noter que les rouges-gorges et les merles apprécient beaucoup les trognons de pommes, dont on ne retrouve parfois même plus la queue.

QUAND NOURRIR LES OISEAUX ?

Répétons le début de cet article…Les oiseaux peuvent être nourris lors des périodes de grand froid, entre mi novembre et fin mars, selon les régions et après les premières gelées. Dans tous les cas, la fréquence de remplissage des mangeoires et les quantités placées devront se réduire progressivement à partir du début de mars pour cesser à l’arrivée du printemps. À cette saison, le nourrissage «peut provoquer des perturbations dans le choix du site de nidification […..], un apport excessif de calories peut déclencher prématurément la reproduction.», explique François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse interviewé par le journal Le Temps (voir Liens).

LES RISQUES DU NOURRISSAGE

L’un des principaux risques du nourrissage, pointés par les ornithologues, est la transmission de maladies aviaires, si trop d’individus fréquentent ensemble une même mangeoire. Cette transmission peut aussi s’effectuer sur des outils mal conçus ou les oiseaux peuvent déposer leurs excréments près de la nourriture. Laver régulièrement les mangeoires (eau et savon noir) est une bonne prévention. Un autre risque pointé est l’attirance d’espèces invasives telles que les perruches à collier, par exemple. Des observateurs ont aussi noté que certains migrateurs n’allaient plus au bout de leur périple habituel ayant trouvé abondance de nourriture en chemin.

LIENS

Comme toujours, les informations contenues dans cet article ne sortent pas de notre chapeau. Afin de compléter nos propres constats et observations nous consultons et recoupons le contenu de divers sites et ouvrages.

France Inter

https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-28-septembre-2019

Office National de la chasse et de la Faune Sauvage

http://www.oncfs.gouv.fr/Espace-Presse-Actualites-ru16/Intoxications-d-oiseaux-par-des-semences-traitees-amp

Ligue de Protection des Oiseaux

https://www.lpo.fr/actualite/nourrir-les-oiseaux-de-son-jardin-en-hiver

The Conversation

https://theconversation.com/nourrir-les-oiseaux-en-hiver-ce-que-nous-dit-la-science-

Ouest France

https://www.ouestfrance.fr/leditiondusoir/data/14904/reader/reader.html#!preferred/1/package/14904/

Le Temps

https://www.letemps.ch/sciences/fautil-nourrir-oiseaux-hiver

QUAND LA FICAIRE FAIT SON BEURRE

ENTRE LE DÉBUT DE MARS ET LA FIN DE MAI, SUR LES TALUS BIEN DRAINÉS DANS LES PRAIRIES HUMIDES OU AU BORD DES RIVIÈRES, DES MILLIERS DE PETITS SOLEILS JAUNE-BRILLANT SURVOLENT DES TAPIS DE CŒURS VERTS. COMPTANT PARMI LES TOUTES PREMIÈRES FLEURS ANNONÇANT L’ARRIVÉE DU PRINTEMPS, CE SONT LES FICAIRES.

«Aimes-tu le beurre ? » Il s’agit là d’un jeu auquel se livraient peut -être encore, il y a deux ou trois décennies, les enfants des campagnes. Celui ou celle qui posait la question, approchait une fleur de ficaire du bout du nez ou du menton de sa ou son partenaire. Si la peau se dorait, si par effet de réflexion ou par dépôt de pollen, le ou la «cobaye» était censé aimer le beurre.

L’agent du beurre

Sauf les vrais amoureux de la nature, qui, aujourd’hui fait encore attention à Ranonculus Ficaria (ficaire ) appelé aussi «fausse renoncule» ? Pas grand monde, car bien que très élégante, cette plante herbacée classée dans la famille des renonculacées (environ 300 espèces) est plus que courante pour ne pas dire banale partout en Europe et en Asie de l’Ouest, en plaine comme en montagne au dessous de1600 mètres.

Ficaire fleur
La corolle de la ficaire comporte entre six et douze pétales (huit ici). Entre vingt et quarante étamines entourent le cœur. Elles sont dites extrorses car leur anthère* est ouverte vers l’extérieur. * Partie terminale de l’étamine, organe mâle de la fleur qui produit et contient le pollen

Les feuilles vernissées, dont la forme rappelle un cœur (cordiforme), apparaissent dés novembre, mais c’est en général en mars que la ficaire se fait remarquer par la luminosité solaire de ses petites fleurs jaune vif brillant, messagères de la fin de l’hiver.

 Réchauffement Climatique

Effet du réchauffement climatique, son éphémère floraison commence désormais, dans certains endroits, dés janvier. Perchées sur des pédoncules pouvant atteindre trente centimètres de longueur, les fleurs offrent des corolles de deux à quatre centimètres de diamètre comportant 6 à 12 pétales étroits. Les tiges sont rampantes et ne se redressent que dans leur partie terminale.

Ficaire bouton
Les premiers boutons de ficaire sont censés apparaître au début du mois de mars. Notons la couleur rouge de la tige qui verdit avec la maturité.

Éclairagiste

Fait, parait-il, rare chez les fleurs, les pétales de la ficaire sont dotés d’une surface iridescente. Faute de pouvoir produire des pigments bleus ou violets (réflexion des rayons ultra-violets), cette capacité à décomposer la lumière blanche l’aide à attirer les pollinisateurs vers ses très nombreuse étamines.

Ficaire pollinisateurs
Avec le réchauffement climatique, les insectes sortent aussi plus nombreux et plus tôt. Les ficaires sont très appréciées des abeilles domestiques ou sauvages ainsi que de très petits scarabées

Nyctinastie

A l’instar de nombreuses plantes, la ficaire pratique la nyctinastie. La fleur s’ouvre le matin et se referme le soir. Un temps humide ou très nuageux peut occasionner la même réaction, destinée à protéger les organes reproducteurs contre le froid et l’humidité.

Ficaire refermée

 Prolifique

Ranunculus Ficaria ne met pas tous ses «œufs» dans le même panier. Les insectes pollinisateurs, étant encore peu nombreux à la fin de l’hiver, la ficaire utilise certains de ses tubercules enterrés (voie végétative). Pour la variété dite bulbifer, dont les graines sont en majorité stériles, des tubercules externes, dits « bulbilles» se forment le long de la tige. À partir de la fin mai, lorsque la partie aérienne de la plante se dessèche et disparait en vue du repos estival, les bulbilles se détachent et se dispersent dans les alentours immédiats. La plupart y donneront naissance à de nouveaux pieds. La plante peut ainsi coloniser et tapisser très rapidement des espaces considérables.

Ficaire tubercules et racines
Les racines blanches et longues puisent la nourriture dans le sol. Les tubercules bruns servent à en stocker une partie (sucres, amidon). D’autres se sépareront de la plante et créeront, un peu plus loin, un nouveau pied.

Invasive ?

La ficaire aime les ambiances fraîches, semi ombrées et les sols humides riches en humus (sous-bois frais, forêts de feuillus, lisières, bords de rivières, haies, talus, prés). Compte tenu de son mode de reproduction prolifique, c’est une plante qu’il est préférable de ne pas déplacer hors de son habitat naturel ni des régions de la planète où elle est endémique (Europe, Asie occidentale). Ailleurs, elle est considérée comme dangereuse pour la bio-diversité locale. Sa forte couverture du sol peut empêcher la photosynthèse d’autres plantes. Elle peut au besoin développer des effets biochimiques (action allélopathique) diminuant leur germination et leur reproduction.

Ficaires sous-bois
Il est vraiment peu de dire qu’il s’agit d’une vivace! Aidée par son système de reproduction végétatif, la ficaire peut coloniser assez vite des surfaces importantes. Là où elle n’est pas désirée, le seul moyen de la limiter est d’extraire du sol son système sous-terrain et de ne surtout pas le composter. Quant à débarrasser son jardin d’une colonie bien installée…Tant vaut s’assimiler à Sisyphe.

Aux États-Unis et au Canada où les ficaires n’ont été introduites qu’au XIX e siècle, elles sont considérées dans nombre d’états comme des adventices (mauvaises herbes) d’autant plus nuisibles qu’elles seraient toxiques pour nombre d’herbivores domestiques. Cela dit, les « accidents » sont rares car domestiques ou sauvages, les animaux distinguent très bien ce qui ne leur convient pas et le délaissent .

 MÉDICINALE ET CULINAIRE SOUS CONDITIONS

Toutes les renoncules développent une toxicité plus ou moins forte. En période de floraison, la ficaire peut être toxique pour l’homme et certains herbivores. Ceci vaut surtout à l’état vert. Cette toxicité, due à la production de proto-anémonine, disparaît à la cuisson. Feuilles et tubercules, la ficaire était jadis couramment consommée aussi bien crue que cuite (tubercules). En Haute-Marne (52) elle était appelée l’Épinard du bûcheron. Des substances(hétérosides) anti hémorroïdales entrant dans sa composition, elle porte aussi celui, très….prosaïque, d’herbe aux hémorroïdes.

Ficaires feuilles cordiformes
Les feuilles cordiformes (forme de cœur) de la ficaire peuvent être consommées crues en salade avant la floraison (apparition des premiers boutons) soit entre novembre et janvier. Elles contiennent de la vitamine C. C’est sans doute ce qui lui a valu ,entre quelques dizaines d’autres noms usuels, celui d’«épinard  des bucherons ».

«COUILLE À L’ÉVÊQUE»

Le mot ficaire, venu du latin «ficus » (figue), pourrait avoir pour origine la capacité à soigner certaines tumeurs (humaines et animales), appelées des « fics » en raison d’une forme similaire à celle d’une figue (ficus en latin). Une autre origine peut être la forme de ses tubercules souterraines qui lui valurent aussi, dans certaines régions, le nom usuel très évocateur de «couille à l’évêque », utilisé par François Rabelais (1483 ou 1494 – 1553) dans «Le Quart Livre» des aventures de Pantagruel. In fine, la ficaire est décidément une plante intéressante et beaucoup moins banale que sa présence pléthorique ne le laisse supposer.

 

Liens et  livres

Pour compléter nos observations sur le terrain, nous consultons divers liens et ouvrages dont nous recoupons les informations. Nos articles n’ayant pas prétention à l’exhaustivité, pour aller plus loin dans la connaissance et la réflexion, nous ne pouvons que vous inviter à pratiquer de même.

Livres 

Les ouvrages cités ici sont disponibles dans toutes les bonnes librairies et les bibliothèques publiques n’hésitez pas à les demander si vous ne les y trouvez pas.

L’indispensable guide de l’amoureux des fleurs sauvages  (Reconnaître 300 fleurs sauvages sans erreur) Par Gérard Guillot et Guillaume Eyssartier. 527 pages . Éditions Belin 2016 (prix 18 €).

Le Guide Illustré de L’Écologie Par Bernard Fichesser et Marie France Dupuis – Tate. 347 pages. Editions Delachaux et Niestlé 2017 (prix 39,90€).

 

http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/Biodiversite/Documents/la-plante-du-mois/la-ficaire-une-fausse-renoncule

.https://fr.wikipedia.org/wiki/Ficaire

https://www.leveilsauvage.fr/2018/03/01/la-ficaire/

https://www.aujardin.info/plantes/ranunculus-ficaria.php

http://www.quatremoineaux.be/2018/03/la-ficaire-est-elle-comestible.html

https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-54960-synthese

 

 

 

LE FUSAIN D’EUROPE: DE LA FLEUR AU FUSIL

Fusain automne graines copie

À LA FIN DE L’AUTOMNE, ILLUMINANT LES HAIES DÉPOUILLÉES, DE CURIEUX PETITS « FRUITS» TRÈS DÉCORATIFS DE COULEUR CARMIN, SE FENDENT SUR UNE GRAINE ORANGE VIF. IL S’AGIT DU FUSAIN D’EUROPE, CELUI LA MÈME QUI A DONNÉ SON NOM AU CÉLÈBRE CRAYON UTILISÉ PAR LES PEINTRES ET LES DESSINATEURS DEPUIS DES SIÈCLES.

 Discret au printemps et en été, le fusain d’Europe ou Euonymus europaeus offre aux haies un dernier coup d’éclat automnal, avant que «par l’hiver, bois et guérets » soient «dépouillés de leurs attraits». Cet arbuste à feuillage caduc appartient à la famille des célastracées (environ 1300 plantes dont 120 variétés de fusains) .
Assez courant à l’état sauvage dans presque toute l’Europe, de la Suède à l’Asie Occidentale et très résistant au froid, le fusain d’Europe, apprécie les expositions ensoleillées ou semi-ombragées et les sols riches et frais, drainés, profonds et éventuellement un peu calcaires. Il supporte assez mal les sécheresses trop prolongées.
Ceux que nous avons photographiés poussent dans des haies libres à proximité de cours d’eau sur le site naturel protégé dit «Les Pâtures» à Argentan (61-Orne), soit une zone de prairies humides, parfois totalement inondées durant plus d’une semaine.

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La fructification du fusain d’Europe est en général bien fournie. Cet arbuste pouvant atteindre 3 à 4 mètres de hauteur et 2 à 2,50 mètres d’envergure n’est guère envahissant pour ses voisins.

AUTOMNE FLAMBOYANT

Opposées sur les branches, ovales et pointues (lancéolées) aux bords à peine dentés, les feuilles mesurent entre cinq et sept centimètres de long. D’un vert tendre à moyen en été, l’automne les colorent de teintes flamboyantes: rouge, rose indien, pourpre avant de les détacher. L’écorce offre un aspect gris-verdâtre et un peu crevassé. Printanière, la floraison s’effectue entre avril et mai. Discrètes, les fleurs blanches à reflets jaune-verts mesurent au plus un centimètre de diamètre. Regroupées en cymes, elles montrent quatre pétales minuscules et un cœur vert.

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Rouge, rose indien, pourpre… C’est en automne, que paré de couleurs chatoyantes, le fusain, d’ordinaire très discret, se remarque le mieux.
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D’un vert moyen, les feuilles estivales du fusain d’Europe sont lancéolées et à-peine dentelées.

ARILLE ORANGE VIF

Attirant les butineurs les fleurs forment progressivement des fruits remarquables, dont l’enveloppe, comportant quatre lobes, a valu au fusain le surnom de « bonnet d’évêque ». Verte en été, cette sorte de coque rosi peu à peu, se parant à la mi automne d’un carmin assez soutenu. Nombreux et souvent encore très colorés au début de décembre, ces petits fruits décoratifs exercent un fort attrait sur les jardiniers. Ceci d’autant que, parvenus à maturité, ils se fendent laissant pendre des baies enrobées d’une arille orange vif du plus bel effet. Pour appétissants qu’ils paraissent, les fruits du fusain sont tout aussi toxiques que ses feuilles et son l‘écorce. En hiver, faute de mieux, les oiseaux apprécient toutefois la chair enveloppant la graine (en orange sur les photos).

 

LE FUSAIN JOUE DES FUSEAUX

Aujourd’hui, le mot fusain identifie surtout un type de crayons utilisés par les dessinateurs et les peintres. L’étymologie du mot fusain provient pourtant d’une utilisation ancienne de son bois dur. Jaune clair, homogène à grain fin et compact, comparable au buis, il servait à fabriquer des fuseaux, des aiguilles à tricoter, des quenouilles et divers autres petits instruments utilisés par les couturières et les fileuses.

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Les fuseaux dont le fusain tire son nom… Son bois jaune et homogène (compact et dur), comparable à celui du buis, servait jadis à tourner divers petits outils pour les couturières, les fileuses et les dentellières. Les fuseaux présentés ci-dessus pour illustration ne sont pas forcément réalisés dans du fusain.  Photo réalisée à Argentan (61) lors de la fête de la Normandie le 17 mars 2018

 PUIS VA AU CHARBON

Quant aux fameux «fusains» des «crayonneurs» (De Vinci, Durër, Degas, Seurat, Redon etc..), ce n’est rien d’autre que du bois de branche de fusain, charbonné selon une méthode bien précise. Bien que portant toujours le nom originel, il est aujourd’hui plutôt fabriqué avec du saule. Doté de branches plus longues, ce dernier offre une plus grande variété de diamètres. Mais pour fabriquer du fusain à dessiner on peut, selon le coin du monde ou l’on réside, faire charbon de tout bois. Bouleau, épicéa, figuier, prunier, myrte, romarin, et même vigne sont utilisables. Des tutoriels sont disponibles sur le web pour réaliser son stock soit même à l’aide d’une cuisinière à gaz, ou dans sa cheminée.

 ET FAIT PARLER LA POUDRE

Attention ! Des imitations de crayons au fusain, notamment asiatiques, sont composées de poudre de charbon de divers arbres et d’un liant plus ou moins chimique. Enfin rien n’étant parfait, le charbon de fusain est réputé pour offrir une excellente qualité s’agissant de fabriquer de la poudre à fusils.

LIENS

http://www.lefigaro.fr/jardin/fiche-plante/2015/03/25/30011-20150325FICFIG00352-fusain-d-europe.php

http://onfaitout.com/fabriquer-son-fusain-soi-meme/

http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/Biodiversite/Documents/la-plante-du-mois/le-fusain

https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-26384-synthese

 

 

GRATIFERIAS : LE DON POUR CHANGER LA DONNE

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Tiens, un «marché gratuit»… Muni de quelques livres à donner, l’État des Lieux s’est rendu, en octobre dernier, à une «Gratiferia», organisée par l’association «Bio sur Orne» d’Argentan.

 « Un marché où tout est gratuit» annonçait le Journal de l’Orne sur ses panneaux de rue. Cette manie qu’on les éditeurs d’employer des formules aussi racoleuses que réductrices… Allons bon ! Le vrai –et le principal– est que le néologisme espagnol «gratiferia » tire son nom de la gratuité. Le faux est qu’il s’agisse d’un «marché» ou même d’une «foire», comme on peut encore le lire souvent sur la toile, dans la presse et sur les annonces même de certaines organisations.

«Feria» signifie fête en Espagnol. Une gratiferia est donc une «Fête de la gratuité». À Saint-Leu, sur l’île de la Réunion, cela s’appelle d’ailleurs «La Fête du don». Elle comporte une « Agora citoyenne» et, à l’image de certaines gratiferias latino-américaines, une scène ouverte pour les musiciens.

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«Zone de gratuité» indique l’affiche à l’entrée de la gratiferia d’Argentan. Ici donc,  pas de «pouvoir d’achat», de «force de vente», de «merchandising», la seule vraie «valeur ajoutée» est faite de générosité, de convivialité, et d’engagement vers une humanité plus consciente  et moins gaspilleuse de son environnement

ÉCONOMIE DE « MARCHÉ »

Ici, l’on «dépose ce que l’on veut, l’on prend ce que l’on veut même si l’on a rien apporté», indique l’affiche de l’association Bio-Orne. Tout étant gratuit, il n’existe pas, à l’encontre de partout ailleurs, d’échelle de valeur monétaire des objets. Un poste de radio ou un livre ont autant de valeur que quelques graines de roses trémières ou une branche de romarin, une lampe de phare pour automobile, une chemise ou un disque, si peu courant soit-il.

Tout doit bien sur être en bon état, car il ne s’agit surtout pas d’une déchetterie. En parlant des gratiferias, on fera donc l’économie du mot «marché». On laissera aussi la notion fourre-tout de «pouvoir d’achat», tant revendiquée ces temps derniers, puisque ici on a pas besoin d’acheter, tout étant à donner.

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«Servez vous» ! Dans une gratiferia, pour qui en a l’utilité, des graines de rose trémière «couleur chocolat» on plus de «valeur» que n’importe quoi d’autre car ici la seule valeur qui compte vraiment est la valeur…d’usage.

ÉCHANGER AUTOUR D’AUTRES VALEURS

« Une journée dédiée à la générosité», n’hésite pas à titrer le quotidien régional «La Provence» en parlant de celle de La Penne-sur-Huveaune (13). Créées en 2010 à Buenos Aires par un jeune Argentin, les gratiferias n’ont pas pour seul but le débarras de ce qui nous est inutile, ou devenu tel. Elles ont aussi pour philosophie de faire se rencontrer et échanger les participants autour de la convivialité, la solidarité, le partage, et la lutte contre la sur-production et le gaspillage.

Paris, Vire, Caen, Aix , Capbreton…Depuis plusieurs années, à l’initiative d’associations les plus diverses, liées à l’économie alternative, à l’animation de quartier ou à l’écologie, ces évènements se multiplient dans tous les pays et dans tous les départements français. D’aucuns économistes et militants alternatifs n’hésitent pas à voir là « un changement progressif » du rapport des personnes à la consommation.

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Dans les gratiferias, l’échange n’est pas que matériel ! Même si cela est forcément un «bon plan» pour les personnes désargentées, on ne vient d’ailleurs pas forcément ici parce que l’on est pauvre et que l’on espère trouver ce dont on a un besoin urgent. La rencontre et la convivialité sont de mise et le sourire s’invite le plus souvent à la fête.

 

Remerciements

Nous remercions l’association Bio sur Orne pour son accueil et les excellents gâteaux maison, gratuits bien sur pour tous les participants et visiteurs. http://biosurorne.org/spip.php

 

Liens

https://www.clarin.com/home/gratiferias-todo_gratis_0_r15Dc8EnD7g.html

https://blogs.mediapart.fr/bob-92-zinn/blog/120612/les-gratiferias-les-marches-ou-tout-est-gratuit

https://actu.fr/normandie/vire-normandie_14762/gratiferia-vire-ne-jetez-plus-donnez_16017075.html

https://www.sudouest.fr/2018/04/10/premiere-gratiferia-et-fete-des-bouquets

https://www.sudouest.fr/2017/12/02/demain-place-a-la-gratiferia-3998809-3327.php

https://gratiferiajura.wordpress.com/quest-ce-quune-gratiferia/

https://www.clarin.com/home/gratiferias-todo_gratis_0_r15Dc8EnD7g.html