FAUT-IL NOURRIR LES OISEAUX ?

 

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LE SUJET FAIT PARFOIS POLÉMIQUE, MAIS EN RAISON DE LA DESTRUCTION QUASI QUOTIDIENNE DE LEUR HABITAT NATUREL,  ENGENDRÉE PAR L’INCONSÉQUENCE HUMAINE, PEUT ÊTRE N’Y A-T-IL PAS D’AUTRE CHOIX POUR SAUVER CEUX QUI PEUVENT ENCORE L’ÊTRE.

 À la question faut-il nourrir les oiseaux en hiver ? La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) répond : « En période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué entre la mi-novembre et la fin mars. Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance de la part des jeunes oiseaux de l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes». Ceci vu, reste ensuite à savoir comment les nourrir pour ne pas leur proposer de la «malbouffe» et ne pas les exposer à la convoitise d’éventuels prédateurs.

 POURQUOI NOURRIR LES OISEAUX ?

Les spécialistes des oiseaux sauvages, indiquent que nourrir les oiseaux n’est pas indispensable. Les espèces locales sont adaptées au climat et peuvent trouver leur nourriture par elles même, par exemple sur les arbustes et les buissons. Si cela semble juste, encore faut-il que la végétation sauvage n’aient pas été dévastée par une agriculture intensive ou (et) un urbanisme galopant. S’il n’est pas «indispensable» de nourrir les oiseaux en pays de bocage dense, d’élevage en pâture, dans les régions fortement boisées, ou comprenant de vastes territoires sauvages, cela peut être salvateur dans les grandes plaines céréalières ou dans les zones très urbanisées et industrialisées.

RÉDUCTION ET POLLUTION DES SURFACES NOURRICIÈRES

Lors des remembrements, pour faciliter l‘utilisation de machines de plus en plus monstrueuses sur des surfaces cultivées de plus en plus immenses, des dizaines de milliers de kilomètres de talus et de haies ont été supprimés par les agriculteurs,. Pour augmenter les rendements, des fossés et des mares ont été comblés, l’épandage de pesticides, herbicides et autres produits phytosanitaires surmultiplié. Selon France Inter « En France, l’agriculture répand chaque année plus de 65 000 tonnes de pesticides pour traiter les céréales, la betterave ou encore les vignes. La plupart de ces produits ont des effets directs sur le déclin des oiseaux». L’impact sur la bio diversité est énorme et désastreux notamment pour les oiseaux qui se nourrissent majoritairement de graines de vers et d’insectes. Ils trouvaient dans les haies et les bosquets, une pitance variée autant qu’un abri protecteur. 421 millions d’oiseaux ont disparu depuis les années 1980. Il est, dés lors, assez logique que les espèces survivantes et capables de s’adapter, aient émigré vers les jardins, les parcs, les friches urbaines et les espaces naturels protégés. Malgré le risque éventuel de rencontrer un chat, principal prédateur des oiseaux, elles s’y sentent à juste titre bien plus en sécurité. Hélas, en plein hiver, ces territoires de survie restreints s’avèrent beaucoup moins nourriciers que ne l’était l’habitat naturel. La nourriture que nous leur fournissons compense donc en partie celle que l’être humain a détruite ailleurs.

VITAMINE E

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Tournesol, maïs concassé, arachides…Un mélange commercialisé tout préparé dans un filet non bio dégradable.

Même si les merles raffolent des croutes de fromage mais il est recommandé de ne pas disposer dans les mangeoires de graisse d’origine animale ni de produits lactiques.  L’idéal est de proposer des graines de tournesol, de préférence décortiquées et issues de l’agriculture biologique. Elles sont riches en vitamine E, indispensable à l’embryon pour se développer dans l’œuf. En règle générale un nourrissage hivernal adapté permet aux oiseaux de conserver une bonne condition physique et de mieux et plus se reproduire. Les oiseaux de petites taille préfèreront le maïs concassé, le chanvre ou le millet, tels qu’on les trouve d’ailleurs dans les boules dédiées proposées dans le commerce. On évitera de donner du pain ou même du blé car, à cette saison ceux-ci n’ont pour les oiseaux qu’une faible valeur nutritive.

 

OU ET COMMENT ?

Comme le mentionnent les fabricants sur leurs étiquettes, la nourriture que nous fournissons ne doit bien être qu’un complément d’alimentation. Les oiseaux ne peuvent être nourris que dans les lieux (privés, jardins cours, balcons etc.). L’article L. 1311-2 du Code de la santé publique est formel : en France, dans les lieux publics (rue, parcs), jeter à manger aux animaux sauvages est interdit.

Dans les propriétés privées

Les mangeoires ou les boules doivent être placées en des endroits inaccessibles aux prédateurs. Par exemple, une mangeoire ne s’accroche jamais près d’une branche maitresse ou un félin pourrait prendre appui le temps de «faire ses courses». Les petits oiseaux des jardins ne sont pas lourds et l’on peut donc suspendre des mangeoires légères à des branches assez fines et souples.

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Les filets qui entourent les boules commercialisées s’avèrent assez peu décoratifs.mais permettent à l’oiseau de bien s’accrocher sans souiller la nourriture de ses déjections. Celles-ci peuvent transmettre  d’éventuelles maladies aviaires.

Boules de graisse

On peut aussi installer des mangeoires, en haut de piquets. Les boules commercialisées par diverses marques (jardineries supérettes) sont entourées par des filets de plastique. Inélégants, non biodégradables et très voyants surtout lorsqu’ils sont vides et «oubliés » parterre. Ils sont par contre assez solides pour offrir une bonne accroche aux pattes des oiseaux qui en picorent facilement le contenu, sans pouvoir le souiller de leurs éventuels excréments. Un aspect pratique dont il faut tenir compte lorsque l’on confectionne soi-même une mangeoire. Il est à noter que les rouges-gorges et les merles apprécient beaucoup les trognons de pommes, dont on ne retrouve parfois même plus la queue.

QUAND NOURRIR LES OISEAUX ?

Répétons le début de cet article…Les oiseaux peuvent être nourris lors des périodes de grand froid, entre mi novembre et fin mars, selon les régions et après les premières gelées. Dans tous les cas, la fréquence de remplissage des mangeoires et les quantités placées devront se réduire progressivement à partir du début de mars pour cesser à l’arrivée du printemps. À cette saison, le nourrissage «peut provoquer des perturbations dans le choix du site de nidification […..], un apport excessif de calories peut déclencher prématurément la reproduction.», explique François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse interviewé par le journal Le Temps (voir Liens).

LES RISQUES DU NOURRISSAGE

L’un des principaux risques du nourrissage, pointés par les ornithologues, est la transmission de maladies aviaires, si trop d’individus fréquentent ensemble une même mangeoire. Cette transmission peut aussi s’effectuer sur des outils mal conçus ou les oiseaux peuvent déposer leurs excréments près de la nourriture. Laver régulièrement les mangeoires (eau et savon noir) est une bonne prévention. Un autre risque pointé est l’attirance d’espèces invasives telles que les perruches à collier, par exemple. Des observateurs ont aussi noté que certains migrateurs n’allaient plus au bout de leur périple habituel ayant trouvé abondance de nourriture en chemin.

LIENS

Comme toujours, les informations contenues dans cet article ne sortent pas de notre chapeau. Afin de compléter nos propres constats et observations nous consultons et recoupons le contenu de divers sites et ouvrages.

France Inter

https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-28-septembre-2019

Office National de la chasse et de la Faune Sauvage

http://www.oncfs.gouv.fr/Espace-Presse-Actualites-ru16/Intoxications-d-oiseaux-par-des-semences-traitees-amp

Ligue de Protection des Oiseaux

https://www.lpo.fr/actualite/nourrir-les-oiseaux-de-son-jardin-en-hiver

The Conversation

https://theconversation.com/nourrir-les-oiseaux-en-hiver-ce-que-nous-dit-la-science-

Ouest France

https://www.ouestfrance.fr/leditiondusoir/data/14904/reader/reader.html#!preferred/1/package/14904/

Le Temps

https://www.letemps.ch/sciences/fautil-nourrir-oiseaux-hiver

Publié par

Pascal Girardin

Journaliste (rédacteur, reporter, photographe, secrétaire de rédaction) depuis 1995 (formation à l'EMI CFD), je suis entré dans cette profession grâce à trois passions directrices: la photographie, la littérature (histoire, philosophie,sociologie,poésie,roman) et le motocyclisme. Durant toute ma carrière de journaliste, effectuée au service des lecteurs du mensuel Moto Magazine (motomag.com), j'ai traité toutes sortes de sujets, du compte rendu de manifestations motocyclistes au reportage sportif, en passant par la défense des droits des motards et le rappel de leurs devoirs, des affaires juridiques et judiciaires, l'histoire de la moto, le tourisme et les tests de machines et de matériel. Et l'environnement alors? Et bien de la pollution liée à l'ensemble de l'activité motocycliste aussi, bien que de ce côté, la presse spécialisée moto fasse un travail d'information très insuffisant et manquant de d'objectivité. Quel photographe serait celui qui serait insensible à la beauté de la nature sous toutes ses formes? Quel randonneur motocycliste ou pédestre serait celui que ne choque pas la destruction ou la pollution des sites? la désertification des campagnes? Le déclin des centres villes ? Quel journaliste serait celui qui n'est pas avant tout citoyen?

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