LES FLEURS DU CONFINEMENT (suite)

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Ainsi ouverte à tous les pollinisateurs, cette variété de tulipe cultivée, reprend une forme florale plus proche de celle de la tulipe sauvage (Tulipa sylvestris) qui produit essentiellement des fleurs jaunes .

Caltha des marais, lamiers blancs ou pourpres, tulipes… dans le jardin ou sur le site des Pâtures d’Argentan, au printemps, chaque jour de nouvelles plantes nous offrent leur début floraison tandis que celle des autres s’épanouit et évolue vers la fructification.

Cela s’apprend dans les écoles de journalisme, quand un article web est trop long à dérouler, à quelques exceptions près, les «web lecteurs » ne vont pas jusqu’au bout ou ne lisent pas tout. Face à ce « Grand vent de fleurs »1, qui souffle sur ce printemps 2020 nous avons donc décidé de réaliser une suite pour continuer à vous faire rencontrer plus facilement nos nouvelles découvertes. Le Covid 19 ayant décidé de jouer ses mortelles prolongations, quelques autres suites seront probablement publiées.

1 : titre exact du roman de Jeanine Montupet : Dans un grand vent de fleurs (éd : Robert Laffont 2008).

GÉNÉREUSE PIVOINE
La pivoine arbustive dont le bouton orne le début des « Fleurs du Confinement » (1er article*) offre maintenant de lourdes fleurs roses aux senteurs envoûtantes.

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Voluptueuse et lourde, la fleur de notre pivoine arbustive (ou pivoine arborescente), peut mesurer jusqu’à 18 cm de diamètre. Les premiers exemplaires de ces arbustes sont parvenus en Europe et plus précisément en Angleterre, en 1787, mais ils sont cultivés en Chine à partir d’espèces sauvages (aujourd’hui très rares) au moins depuis le IVe siècle (après J.C.)

Chaque année, cet arbuste prodigue sa floraison avec munificence. Pour alléger un peu les branches, nous faisons des bouquets fort appréciés par nos amis et nos voisins.
*https://letatdeslieux.blog/2020/03/31/les-fleurs-du-confinement/

ROBERT LE ROUGE
Dans le pot des bambous, ceux des tulipes et du petit chêne, au pied des lilas, derrière le bac à compost… Avec sa jolie petite fleur rose, cette plante sauvage, pour le moins vivace et intrusive, s’invite partout dans le jardin comme dans la nature.

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La fleur rose du géranium robertianum mesure entre 1 et 2 cm de diamètre. Le nom robertianum est lié à la couleur de ses feuilles qui rougissent en vieillissant. Malgré une odeur assez désagréable, l’herbe à Robert est une plante fort appréciée de la pharmacopée traditionnelle qui lui prête de nombreuses vertus. Comestibles, ses jeunes feuilles ont un goût assez amer et astringent mais sont riches en vitamines. La famille des géraniacées comptent environ 800 espèces dont 430 dans le genre géranium.

Son nom vernaculaire le plus connu est «l’herbe à Robert», son nom botanique est géranium robertianum. Cela n’est pas criant à le voir, mais il appartient bien à la même famille (les géraniacées) que tous ces géraniums « domestiques» et calibrés que l’on voit, alignés en rang d’oignon dans les jardinières, «courir à longueur de balcon*».
*« Les boules de gommes » Chanson chantée par Régine (album: Régine 1969).

HELLÉBORE À BORD
Un parterre sépare la terrasse de bois de la pelouse de notre jardin. Une dernière hellébore y propose sa floraison tardive… Elle fait partie d’un petit massif dont toutes les fleurs, seules à avoir égayé le jardin en hiver, ont déjà toutes verdi. La formation des gousses de graine y est déjà bien avancée.

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Du blanc au noir en passant par des roses ou des pourpres allant du lavé au très soutenu, la plupart des variétés cultivées relèvent du genre hellébore noir, helleborus niger pour les intimes. Ces belles vivaces fleurissent de novembre à mars et résistent au gel jusqu’à -28°. Très rare, la plante sauvage originelle provient des Alpes où elle est aujourd’hui protégée.

Une recherche dans un guide* nous apprend que la « rose de Noël » est « utilisée pour la fabrication de poudres à éternuer ». En ce début de printemps, sa toxicité (présence de digitaline) ne semble pourtant pas déranger les pucerons.

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En fin de floraison ( mi mars ), la fleur de l’hellébore se met au vert et forme les gousses qui contiennent les graines.  Celles-ci germent assez aisément si les semis s’effectuent, entre aout et septembre, dès leur maturité. Une atmosphère humide et ombragée est recommandée.

Si nous n’y mettons bon ordre en pulvérisant du savon noir liquide (dilué dans 70% d’eau), ils attaqueront ensuite le feuillage et les boutons naissants des véritables rosiers.

* Quelle est donc cette fleur ? Editions Fernand Nathan 1985.

 

LAMIER LE BIENFAITEUR
Parmi la riche biodiversité des Pâtures d’Argentan, fleurit en ce moment le Lamier blanc. Comme beaucoup de non-connaisseurs, nous avons longtemps pensé que cette plante était une variété d’ortie dont le mérite est de pas piquer. Ne nous l’avait-on pas depuis l’enfance indiquée comme étant l’ « ortie blanche ».

DSC_8634 copiePourtant le lamier blanc n’appartient pas du tout à la famille des urticacées. «Lamnium album », pour les botanistes, relève de la famille des lamiacées. La ressemblance de ses feuilles avec celles de l’ortie est, certes troublante, mais ses fleurs blanches et sa tige de section quadrangulaire permettent de le distinguer sans équivoque.

Multifonction
Depuis l’antiquité, il est apprécié par les herboristes qui lui prêtent des vertus médicinales assez diverses, pour ne pas dire hétéroclites. Selon le guide Belin1, il s‘utilise « en application pour lutter contre les pellicules ». Un autre 2 nous révèle qu’il traite les inflammations des voies respiratoires et digestives. Il aiderait à soigner les infections de la muqueuse vaginale, les hémorragies de l’utérus, les insuffisances urinaires (diurétique) et est utilisé contre la goutte et pour la guérison des plaies (vulnéraire). Enfin il est comestible et  se consomme en salade (feuilles et têtes fleuries) ou cuit comme des épinards (feuilles).
1 «Indispensable guide des fleurs sauvages » Éditions Belin 2016
2 « Quelle est donc cette fleur ? » Éditions Fernand Nathan 198

 

 

Publié par

Pascal Girardin

Journaliste (rédacteur, reporter, photographe, secrétaire de rédaction) depuis 1995 (formation à l'EMI CFD), je suis entré dans cette profession grâce à trois passions directrices: la photographie, la littérature (histoire, philosophie,sociologie,poésie,roman) et le motocyclisme. Durant toute ma carrière de journaliste, effectuée au service des lecteurs du mensuel Moto Magazine (motomag.com), j'ai traité toutes sortes de sujets, du compte rendu de manifestations motocyclistes au reportage sportif, en passant par la défense des droits des motards et le rappel de leurs devoirs, des affaires juridiques et judiciaires, l'histoire de la moto, le tourisme et les tests de machines et de matériel. Et l'environnement alors? Et bien de la pollution liée à l'ensemble de l'activité motocycliste aussi, bien que de ce côté, la presse spécialisée moto fasse un travail d'information très insuffisant et manquant de d'objectivité. Quel photographe serait celui qui serait insensible à la beauté de la nature sous toutes ses formes? Quel randonneur motocycliste ou pédestre serait celui que ne choque pas la destruction ou la pollution des sites? la désertification des campagnes? Le déclin des centres villes ? Quel journaliste serait celui qui n'est pas avant tout citoyen?

2 réflexions au sujet de “LES FLEURS DU CONFINEMENT (suite)”

  1. Merci Pascal !
    Je guette tes articles.
    Ils me font rêver et je peux, à la faveur de quelques mots et photos, rejoindre le sentier des pâtures ou bifurquer pour un petit thé au jardin des pivoines…
    Le bouquet si gentiment déposé à ma fenêtre il y a quelques jours s’épanouit maintenant en très larges corolles sur la table de la cuisine et m’offre une délicate compagnie à l’heure du petit déjeuner…
    Vivement la suite…

    Aimé par 1 personne

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